Dimanche 13 novembre 2005

Je dors d’une traite, jusqu’à 10h30. C’en est presque scandaleux !

Je bosse sur les « formes / couleurs / corps » de Mme ***, ce qui (ne nous le cachons pas) est quelque peu relou.

Je dessine l’épisode 3 de Un ornithorynque à Duperré et, là, je m’amuse beaucoup.

plus tard

Je ne suis pas guéri de B*. Je m’en rends compte à cause de ce phénomène : je continue de le voir partout. Par exemple, un jour de la semaine dernière, je l’ai vu plusieurs fois : sur les pelouses du Vésinet, puis dans le métro, puis dans la rue. À chaque fois, mon cœur a fait un petit bond. Je crois que le symptôme est évident.

Quand je dis cela, je fais un simple constat. Je ne déplore rien. Cela ne me gêne pas d’aimer encore B*. (Qui a dit « au contraire ? »)

Je voudrais n’oublier B* que pour tomber amoureux d’un autre. Je n’aimerais pas l’idée de laisser vacante cette place dans mon cerveau. Pourtant, cette place est aujourd’hui toute petite. Il y a quelque temps, B* occupait une bonne moitié de mon cerveau, tandis qu’il se contente aujourd’hui d’une toute petite place, discrète, dans un coin. Je pense à lui de loin en loin, quand j’en ai envie. C’est moi qui viens chercher sa pensée, ce n’est plus elle qui s’impose à moi. Mais cette place, aussi petite soit-elle, m’est précieuse.

Pourquoi est-ce que je raconte ça ici, maintenant, alors que ça n’a aucun rapport avec le récit de ma journée ? C’est vrai que ce journal a changé d’allure, depuis la rentrée. Je n’ai plus le temps d’écrire autant qu’avant. Alors, je me contente de consigner bêtement le contenu de mes journées, pour ne pas oublier… Mais je ne dis plus rien sur mes idées, mes émotions, mes sentiments…

Il y a bien ce carnet rouge, qui a pris le relais pendant trois semaines, dans lequel j’écrivais et dessinais. Mais je l’ai délaissé aussi, par manque de temps.

plus tard

Ces temps-ci, je me plais plutôt bien. Je suis passé par une longue période où je ne m’aimais vraiment pas et, là, je commence à me réconcilier avec moi-même. Déjà, je m’accepte mieux physiquement. C’est un reflet de l’acceptation de mon moi mental…

Quand on est homosexuel, il y a ceci de bien qu’il suffit de se regarder dans une glace pour savoir si on est beau. On n’a pas besoin de passer par des artifices (« Je suis comme ci, comme ça, donc j’en déduis que je suis plutôt beau »), il suffit de se planter devant son miroir et de se demander : « Ce type-là, qu’est-ce qu’il t’inspire ? » Eh bien, ces derniers temps, je me trouve une tête sympathique. Je ne suis pas ce qu’on appelle un très beau mec, mais j’ai un physique agréable et un visage qui peut être séduisant quand il le veut. Même mon corps me convient, maintenant. C’est sûr : il pourrait être plus musclé, moins mou. Mais bon. Même comme ça, tel qu’il est, ça va. Il y a pire. Il n’est pas irrésistible, mais il ne me dégoûte pas non plus ! Et j’aime bien mes mains.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no6 (intitulé Mieux dans mes baskets, mieux dans ma vie, 3 août – 25 novembre 2005), j’ai dix-sept ans.

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