Vendredi 24 mars 2006

Nuit un peu agitée. Pour la troisième nuit consécutive, je rêve que j’essaie de parler à É*. C’est ridicule. Vraiment, il faut faire quelque chose. Ce matin, juste pour l’anecdote, je consulte mon horoscope. Bof. En revanche, le sien — si ma mémoire est bonne, son profil sur Rezo-G indiquait qu’il était sagittaire — le sien est excellent : « de l’amour à profusion aujourd’hui. »

À midi, je prends mon courage à deux mains et me joins à la tablée des BTS Com… juste en face de lui. Ils m’accueillent très gentiment. Lui me dit : « Bienvenue ami mànaa. » Au final, ce n’est pas forcément avec lui que je parle le plus, mais je passe une demi-heure très agréable.

Je ne sais pas si É* me plaît. Mais j’ai tout de même envie de le connaître.

Ce que j’aime chez lui : sa manière de regarder les gens ; son sourire franc. Sa voix — je m’étonne de citer ce détail car, habituellement, la voix n’est pas une chose qui retient mon attention.

Maintenant que le premier contact est établi, comment l’entretenir ? De quoi lui parler ? Sous quel prétexte l’aborder ? Surtout : comment savoir si je ne l’ennuie pas ? Comment lui faire comprendre pour quelle raison je m’intéresse à lui ?

C’est la première fois, en dix-huit ans de vie, que je suis confronté à la question de la séduction. Qu’y a-t-il de bien chez moi ? Comment lui plaire ?

Avant tout, il faut que je voie si nous avons des choses à nous dire, si nous sommes ou non sur la même planète. J’espère de tout cœur qu’il n’est pas encore un représentant de cette fameuse gayttitude branchouille à la con.


Rendez-vous avec Mme Marot pour faire un peu de tri dans mes travaux. C’est fou ce que j’apprends en seulement trois quarts d’heure avec elle.

J’achète le no1 de L’Étrangleur, la nouvelle adaptation de Tardi qui paraît en feuilleton.

Je vais « prendre le thé » chez Camille G*. Que j’aime beaucoup. Nous partageons des choses que j’estime importantes. Nous rigolons. Nous écoutons sa musique. Pendant ce temps, son rat court un peu partout.

À la gare d’Auber, je rencontre Héloïse, une fille qui était avec moi au collège et qui faisait fantasmer plus d’un mec. Je mets quelques secondes avant de la reconnaître — elle aussi.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no8 (intitulé Croissance exponentielle, 19 mars – 23 juin 2006), j’ai dix-huit ans.

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