Samedi 18 juin 2005

J’oubliais : hier, je ne lui ai pas donné la lettre. Ce n’était pas utile. Une lettre, c’est écrit, c’est figé. C’est trop solennel. Cette lettre, en fait, je crois que je l’avais écrite pour moi-même. Pour donner une forme concrète à ma décision.

Cette nuit, je n’ai même pas rêvé de lui. J’ai rêvé que j’avais déjà les résultats du bac. J’avais la mention très bien. J’étais un peu surpris, mais ça m’a fait plaisir.

J’ai aussi fait un rêve un peu pédé. Je discutais avec Nicolas, un mec de ma classe plutôt pas mal. Il a eu des gestes familiers avec moi, il a joué au pédé (il me faisait la bise, il se tenait contre moi) pour rigoler : il ne savait pas que je l’étais. Je l’ai fait parler sur le sujet : il m’a dit qu’il trouvait ça choquant, l’homosexualité.

Ça m’a fait penser à un truc. En parlant de ce Nicolas, un jour, Florian m’a dit : « Celui-là, je suis sûr qu’il est gay. »

Hier, j’ai encore reçu un Spirou. Ils ne me lâchent plus ! Je ne me plains pas.

Plus tard

Je viens de lire, d’une traite, Les combustibles d’Amélie Nothomb. C’est très court. C’est une réflexion sur les livres, c’est bien écrit, ça se lit vite. C’est encore Camille qui me l’avait conseillé.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no5 (intitulé B*, 8 juin – 1er août 2005), j’ai dix-sept ans.

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