Lundi 17 avril 2006

Je rêve d’É* pour la (N+1)e fois. C’est ridicule. En fait, je suis tombé amoureux de l’idée que je me fais de lui ; il n’y a que quand il n’est pas là que je pense à lui comme ça. Quand je suis face à lui, il ne m’émeut pas autant. Je me demande si, finalement, je n’aurais pas pu me monter les mêmes films autour de n’importe quel autre type ? Ce n’est pas la personnalité d’É* qui m’intéresse (je ne la connais pas). C’est peut-être seulement qu’il remplit idéalement tous les critères pour être le mec que je dois aimer : il est à Duperré, dans la section où je voudrais entrer (ce qui signifie qu’on a des goûts communs), il est homo, il est physiquement séduisant. Sur le papier, c’est le mec idéal, n’est-ce pas ?

Je ne travaille pas beaucoup. Je dessine dans mes carnets de croquis.

Ce soir, France 2 rediffuse L’adieu. Je me souviens de ce téléfilm, il était passé il y a trois ans et demi — je n’avais même pas quinze ans. Et bizarrement, je me souviens avec précision d’une scène en particulier : une scène d’amour. Je me souviens du sourire de l’acteur et de la manière dont il retirait son t-shirt. Donc, pour résumer : à quinze ans j’avais fantasmé sur cet acteur, mais il ne m’était pas venu à l’idée que j’étais homosexuel. C’est plus que de la naïveté, c’est de la connerie. Quel temps perdu ! Mais ce soir, je ne revois pas ce film, je regarde Retour vers le futur, que je n’avais jamais vu.

Ces derniers jours, je me suis masturbé tous les soirs. Je dois bien avouer qu’il y a des fois où c’est assez pathétique. Mais ce soir, c’était grandiose : autant de plaisir devant que derrière, le pied. Ça ne dure qu’un quart d’heure, mais quel quart d’heure !


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no8 (intitulé Croissance exponentielle, 19 mars – 23 juin 2006), j’ai dix-huit ans.

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