Jeudi 15 juin 2006

S* m’appelle à 10h30, elle est en vacances depuis hier soir, elle me demande si elle peut passer chez moi vite-fait pour me rendre un livre. Je suis en pyjama, je lui dis de passer à 11 heures quand je serai présentable… Si elle ne peut pas s’attarder chez moi, c’est parce qu’elle va chercher sa copine du Nord, A*, à la gare. Alors, ni une ni deux, je lui propose de l’y accompagner, pour qu’on passe un peu de temps ensemble — c’est si rare. Nous allons chez elle, manger un truc rapidement. Je lui raconte J*-E*, ce que je n’aurais pas fait si nous étions restés chez moi.

On prend le RER ensemble, puis on se sépare à Paris. Moi, je vais à Hôtel-de-Ville pour retourner aux Mots à la bouche.

Or donc, décidé à acheter L’homme marié, je m’accorde toutefois le droit de fouiller parmi les autres livres. Bien sûr, je veux tout : il y a tellement d’auteurs que je dois découvrir. Je m’emballe pour un gros volume regroupant plusieurs livres de Truman Capote, mais je me ravise, vu mes finances. Il y a aussi Burroughs, Tennessee Williams… et Gore Vidal, c’est comment ? Je ne le connais pas. Mais finalement, j’opte pour Lunar Park de Bret Easton Ellis, qui n’est pas paru en poche en français et qu’ils ont ici en anglais. Je me dis, allez, zou, je vais essayer, ça me fera apprendre l’anglais. Je l’ai acheté. Je reviendrai.

Je me promène. Je vais acheter une gomme à Rougier & Plé. Puis, Gibert (le mien, celui où j’ai mes habitudes : celui de Strasbourg–Saint-Denis). J’achète d’occase Zombies du même Bret Easton Ellis. Avec ces deux-là, j’aurai lu tous ses ivres.

En rentrant à la maison, j’ai une surprise. Une lettre de B* ! Rare !… et même : la première fois pour moi. C’est très gentil, je suis touché qu’il ait pensé à moi. Il m’envoie Peau de banane, le fanzine que j’ai mentionné hier. Je cite un extrait de sa lettre : « En me baladant aujourd’hui dans Paris à la recherche d’un stage pour cet été, je me suis fait alpaguer par un type qui vendait des petits magazines de BD d’auteurs inconnus. J’ai un pris un en pensant que ça pourrait toujours t’être utile ; l’adresse du contact est au verso de la couverture. Y a des trucs marrants dedans, des trucs bizarres, des trucs merdiques, mais bon, faut de tout pour faire un monde. »

Quel chouette type ! Je le remercie par texto en lui promettant de tout faire pour devenir célèbre.

Dans l’immédiat, ma stratégie pour être célèbre est la suivante : envoyer des planches au Psikopat pour leur rubrique « Carte blanche ». Ça me paraît accessible. Je ressuscite de vieilles planches que je redessine.


Un coup de fil de J*-E*. Nous réalisons que lui sera en Bourgogne ce weekend, et moi à Saint-Malo le suivant… Mais alors, quand nous reverrons-nous ? En attendant, il prend mon adresse pour, dit-il, m’envoyer de quoi me tenir compagnie pendant mon séjour malouin…


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no8 (intitulé Croissance exponentielle, 19 mars – 23 juin 2006), j’ai dix-huit ans.

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