Antonin Crenn

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La campagne, la nuit

Me revoilà à Luçon. J’ai l’impression que je viens de la quitter — ce qui n’est pas très éloigné de la vérité : je suis parti il y a quinze jours, seulement.

À la gare (un trajet sans encombre, merci — car on ne peut tout de même pas appeler « encombre » cette petite fille qui braillait devant moi tandis que je me concentrais pour lire les dernières pages, si belles, de David par André Dhôtel), à la gare, j’ai été accueilli par A., qui me dit aussitôt que C. m’a préparé de quoi me faire un petit déjeuner demain et que, ce soir, nous dînons ensemble chez Oncle Sam avec d’autres collègues. Un accueil digne de ce nom, quoi !

Le changement, par rapport à la première fois, je vous le dis tout de suite : on m’a déménagé. J’habite désormais à la campagne. La maison est mimi comme tout (je l’avais repérée au cours d’une balade avec J.-E.), mais quand je dis que c’est la campagne, c’est que c’est vraiment la campagne. Ici, pas de pollution lumineuse, ah non ! les étoiles, je les vois. Tout autour il fait noir : je suis le seul habitant. Je vous le prouve tout de suite : de la fenêtre du salon, voici ce que je vois :

Et de la fenêtre de la chambre, c’est kif-kif. Sauf si je mets le flash : alors, la lumière accroche quelques obstacles, tout de même : une maison, un arbre. Ouf !

Voilà qui me change de la rue de la Roquette, quittée ce matin. Une autre ambiance. À cette heure, je l’imagine encore encombrée de monde : ceux qui sortent du cinéma, ceux qui traînent dans les bars, et tous les autres.

Je suis donc à Luçon pour cinq semaines. Se rencontrera-t-on ? Vous pouvez vous inscrire pour l’atelier d’écriture de vendredi, ou bien me rendre visite samedi matin à la médiathèque. Moi, je vais me coucher, en espérant n’être pas dérangé dans mon sommeil par l’écrasante paix de cette nuit.

Les insurgés du faubourg (Luçon et ses ruines)

J’ai fini par acheter le livre au brocanteur de Luçon : c’est Paris et ses ruines. La couverture est abîmée, mais toutes les lithos à l’intérieur sont nickels. Et ça m’amuse, ces dégâts en couverture, comme une mise en abyme : le mot Paris resplendit, et les Ruines sont bousillées.

Évidemment, il s’agit d’un album de propagande réactionnaire, qui montre comment ces affreux Communards qui ne respectent rien ont mis à sac notre capitale, que l’Empereur avait mis tant de soin à embellir. Il ne faut pas lire le texte. Mais, les images sont magnifiques — je les avais déjà vues dans une expo.

et pan ! la colonne Vendôme

Je dois avouer un truc : si, souvent, je m’inspire de faits réels pour écrire, il arrive aussi, parfois, que je m’inspire de ce que j’écris pour le vivre en vrai. Dans Les présents, mon personnage achète une gravure montrant une barricade de décembre 1851. Alors, quand je suis tombé sur ce livre qui me faisait de l’œil, avec ces images d’insurgés dans les faubourgs, j’ai craqué.

Une gravure coloriée à la main. Plutôt : la copie d’une gravure coloriée à la main, reproduite en quadrichromie sur un papier pelucheux. On ne trouve pas d’antiquités précieuses sur cet étal, seulement des documents usés et piqués, et des objets intrigants. Cette image est dessinée avec soin : des hachures noires creusent les ombres et suggèrent, sommairement mais efficacement, le modelé des corps et du décor. […] Il s’agit sûrement de la barricade où Alphonse Baudin a été tué : Théo a lu la plaque commémorative que lui a montrée son camarade, un jour qu’ils passaient sur le Faubourg en revenant de la Bastille. Il lui a raconté la scène d’une telle manière que Théo s’y était cru — non pas à cause de la précision des détails, parce que l’ami en avait fourni très peu, mais en raison du lyrisme dont tous ses gestes étaient teintés. Sur l’image, un personnage se détache nettement du lot : il a escaladé le rempart de fortune et s’apprête à tenir un discours éloquent. Voilà, sans doute, le député qui va mourir dans un instant. Autour de lui est rassemblée une bande de braves citoyens anonymes : ils sont tous traités à égalité par la main qui les a représentés. Aucune tête ne dépasse du rang, et même les enfants apparaissent à la même hauteur que les adultes (ils sont juchés sur des caisses, peut-être). Le dessinateur a été assez inventif, toutefois, pour ne pas se contenter d’affubler tous les prolétaires du même visage d’archétype : ils ont du caractère, ces hommes et ces femmes. On pourrait les reconnaître s’ils existaient. […] Ce matin, si je prends la peine de décrire cette gravure (la copie de cette gravure), c’est pour rendre compte du temps que Théo a passé, sur le trottoir du boulevard de Ménilmontant, à l’observer. Et je sais pourquoi cette image l’a fascinée. Théo a remarqué ceci : l’un des insurgés à casquette se réjouit de l’élan qui l’a mené à construire la barricade avec ses camarades, et son plaisir se lit sur son visage. De chaque côté de son sourire, un large trait de plume barre sa joue verticalement. Non, pas un trait de plume (car c’est une gravure) : une arête de bois, préservée par la gouge qui a creusé énergiquement la surface des joues et des pommettes et a ménagé, délicatement, ces deux lignes fragiles encrées de noir. « Il lui ressemble furieusement, surtout à cause de la casquette », pense Théo. Il achète l’image : le marchand la glisse dans une enveloppe. « Je vais la lui offrir, il la placera sur son mur avec une punaise, parmi les cartes postales et les photos qui le tapissent déjà. » Il descend la rue de la Roquette, il va tourner dans la rue Léon-Frot. Il se ravise. « Et puis non : je la garderai pour moi. » Il atteint le boulevard Voltaire. Il admire son ami pour cette ressemblance. « Il n’y est pour rien, mais tant pis : je l’admire quand même. »

On me demandera : « Qu’as-tu rapporté, comme souvenir de Luçon ? » Je dirai la vérité : « Un bouquin qui parle de mon quartier, à Paris. »

Le décalage

J’ai quitté Luçon samedi, vers 15 heures. À la gare, des Luçonnais manifestaient pour que le train qui passe par chez eux continue de s’y arrêter — ben oui : à quoi ça sert d’avoir un train qui vous passe sous le nez, si vous ne pouvez pas le prendre ? Si la gare n’existait pas, je ne serais pas venu à Luçon, moi. Voilà les pensées qui m’occupent (un peu) pendant le trajet. Non — en vrai, beaucoup d’autres pensées m’habitent, plus complexes, plus confuses, mais ce n’est pas ici que je les écrirai.

Heureusement que le trajet est long. Le temps adoucit l’atterrissage. J’imagine un instant rentrer chez moi par un vol direct Luçon–Bastille, vingt minutes chrono. L’angoisse. L’état dans lequel je me suis retrouvé, à l’atterrissage à Roissy il y a dix ans : je rentrais de trois mois d’Erasmus en Pologne (c’était riche, c’était beau, c’était long et court à la fois), et en trois heures, bim ! retour à la case départ. Pas le temps de cogiter, pas le temps de comprendre. À Roissy, j’étais à ramasser à la petite cuillère. Heureux et inconsolable.

Samedi soir à Montparnasse, il m’a fallu vingt minutes pour comprendre comment sortir de la gare sans me taper une volée d’escaliers (le poids de ma valise). En descendant du bus à la Bastille, sur les cent mètres à pied parcourus dans la rue de la Roquette, je crois que j’ai croisé plus de gens en cinq minutes que pendant quatre semaines à Luçon. C’est un monde un peu différent.

Ce matin, de ma fenêtre, ce n’est plus la flèche de la cathédrale de Luçon que je vois — ce qui n’était pas désagréable —, ce sont les arbres du square Gardette — et c’est vachement bien.

Pour me faire plaisir

J’ai visité Beugné-l’Abbé avec J.-E. On arrive par la départementale — en réalité, on marche sur la piste cyclable, en imaginant comment j’emprunterai cette même voie lorsque j’habiterai dans ce coin, à partir du 21 avril. Je logerai alors à la limite de Luçon et de Beugné-l’Abbé et j’aurai un vélo.

Sur la route, on voit un café. Oh ! un café. Ça fait plaisir, cet indice de vie humaine dans un décor qui, je ne vous le cache pas, est relativement calme par ailleurs. En face, ce magasin de cycles, qui a vécu — puisqu’on parlait de vélo à l’instant.

Quelle drôle de chose : la chapelle est à vendre. Ni dieu ni maître, dit le graffiti à l’entrée. J’ai vérifié : dieu est parti il y a plusieurs années, effectivement, lorsque le lieu a été désacralisé. Quant au maître, il est encore là, mais il aimerait se débarrasser de son bien : cette bâtisse cherche un nouveau maître. Tout autour, je vous le dis comme je vous le pense : le village est charmant, absolument charmant.

Mais, le but de la balade, c’est le communal. Je caresse secrètement l’espoir de montrer une cigogne à J.-E. — et nous tombons pile sur celle de l’autre jour, qui me reconnaît.

Amis ornithologues, dites-moi que cette plume est une plume de cigogne. Peu importe si ce n’est pas vrai : dites-le-moi pour me faire plaisir, puisque je l’ai ramassée et que je la garderai précieusement.

Le chemin qui bifurque

Les cartes topographiques IGN, ce n’est pas rien. La mienne est étalée sur la grande table de la salle à manger depuis le premier jour. Je m’y promène.

Aujourd’hui, vu le soleil de fou qui brille sur Luçon, je suis parti me promener en dehors de la carte : sur le territoire. J’ai quitté Luçon par la rue du Port, qui se prolonge dans la campagne. Juste après la dernière maison, j’ai tourné à gauche : une petite route bifurque vers les marais, se prolonge en un chemin mignon bordé de bassins : des oiseaux vivent là-dedans, ça bat des ailes à mon passage. La carte IGN prétendait que ce chemin aboutissait sur la piste cyclable le long du canal de Luçon, remontant ainsi vers la ville — eh bien, ce n’est pas vrai. J’en suis le premier étonné, mais je vous le dis comme je l’ai vu : la carte IGN ne dit pas la vérité. Il y a un canal étroit (mais infranchissable) qui sépare cet endroit de l’autre canal, celui longé par la voie cyclable. Tant pis, j’ai rebroussé chemin : l’endroit est joli, je ne suis pas fâché d’y passer une deuxième fois.

Cette photo n’a pas été prise d’ici, mais d’un autre endroit situé à proximité : le pré communal de Beugné-l’Abbé. Un peu selon le même principe : on va jusqu’au bout du chemin (qui est plus joli que l’autre, d’ailleurs), puis on retourne sur ses pas. Vous ne me croirez pas si je vous dis que j’y ai vu une cigogne, à nouveau. Mais, c’est la vérité. En plus, c’est à deux pas de la maison où je logerai au mois de mai : quelque chose me dit que je reviendrai traîner dans ce coin-là.

Deux minutes vingt-huit

On regarde cette vidéo et, comme par magie, on comprend d’un coup ce que je suis venu faire en Vendée.

Habiter / résider

« J’habite à Luçon » : est-ce une expression synonyme de « je suis en résidence à Luçon » ? Disons que oui. Habiter / résider. Habiter dans cette maison à Luçon, y être chez moi, cela commence-t-il lorsque j’y ai lavé mes chaussettes (et d’autres choses) pour la première fois ? Je l’ai fait, ça y est. Quand j’ai fait cuire des spaghetti (en l’espèce, c’étaient des penne rigate) sur la plaque électrique ? Je l’ai fait aussi, plusieurs fois. Les cintres, dans l’armoire de la chambre, sont dépareillés : je le confirme, et je les ai presque tous utilisés. Je ne me suis pas permis de punaiser quoi que ce soit au mur, mais j’ai placé à la verticale, appuyé sur l’écran de la télé, le livre de Pierre Herbart que je n’ai pas encore lu : la couverture dessinée par Pierre Le-Tan fait office d’image décorative, qui meuble l’espace pour le faire devenir mien.

Je relis Espèces d’espaces pour me rassurer, en pensant à mes ateliers d’écriture qui débutent demain. Je fais un tour en ville. Habiter Luçon, y être chez soi, quand cela commence-t-il ? Lorsque je sais, en passant dans telle rue, que j’ai envie de tourner dans cette direction-ci aujourd’hui, alors que j’avais plutôt envie d’aller dans cette direction-là hier ? Lorsque je sais que, plutôt que de me perdre chez Hyper U (au secours), j’aime mieux faire mes courses à l’Intermarché, car c’est une occasion de passer devant cet abandonné sublime qu’est l’ancien séminaire, habité par des corneilles, dont la charpente mise à nu me fait penser à un squelette de baleine comme on les expose au muséum.

Ma bobine

Un déluge de grêle : ça pour une giboulée, c’est une giboulée. Puis, grand soleil. Je sors, j’achète Ouest France parce que je sais que ma bobine est dedans, dans les pages magazine du dimanche — je l’ai vu sur le web avant de sortir. Jeudi soir, au lancement de ma résidence, la journaliste et moi n’avons échangé que trois minutes : je trouve que ce qu’elle a écrit est drôlement juste, pour si peu de temps passé ensemble (c’est un métier, évidemment). Je suis content. La phrase qu’elle a mise en exergue est chouette : c’est une bonne idée de mettre en avant l’émotion, le sentiment. C’est dans cela que j’ai le plus envie de me reconnaître en ce moment. Je lis le journal à la terrasse du café du Commerce au moment où ça carillonne follement dans le clocher de la cathédrale, en face, sous un soleil éclatant. Et puis revoilà la pluie.

Une nouvelle résidence d’auteur commence dans le Sud-Vendée littoral. L’auteur Antonin Crenn propose de bâtir une « carte sensible », pour réaliser une mosaïque du territoire. L’idée Auteur de romans mais aussi d’un album jeunesse, Antonin Crenn « a toujours été dans l’écriture ». Devenir auteur c’est « le plaisir d’être lu, l’envie de partager des émotions », d’où la réponse à l’appel à projets lancé par la communauté de communes.

Réfugié à l’intérieur du café, je lis les autres pages : je tourne rapidement celle où l’on me voit, parce que c’est un peu bizarre de se regarder soi-même, devant tout le monde, non ? (il y a pas mal de gens à l’intérieur, tandis que j’étais seul en terrasse). Ma lecture finie, pour me donner une contenance, je sors mon cahier. Histoire d’avoir l’air de faire quelque chose. Ce que je note : des bouts de trucs que j’avais déjà mis de côté il y a quelques semaines et qui, placés dans un nouvel ordre, peuvent devenir le prochain chapitre des Présents. Je croyais être bloqué, je ne le suis plus. Ce prochain chapitre est important, j’allais dire : mais en fait, ils le sont tous.

(Je mets ici l’article en entier.)

Une nouvelle résidence d’auteur commence dans le Sud-Vendée littoral. L’auteur Antonin Crenn propose de bâtir une « carte sensible », pour réaliser une mosaïque du territoire. L’idée Auteur de romans mais aussi d’un album jeunesse, Antonin Crenn « a toujours été dans l’écriture ». Devenir auteur c’est « le plaisir d’être lu, l’envie de partager des émotions », d’où la réponse à l’appel à projets lancé par la communauté de communes.

Je ne sais pas ce que j’étais venu chercher

J’ai quitté Luçon, guidé par un garçon qui a une voiture et de la conversation. Il m’a emmené en balade, sans me dire où : il m’a dit que ça valait le coup. L’endroit s’appelle : la Dive. C’était une île, et ça a gardé sa physionomie d’île, même après qu’on a asséché les marais alentour. Il m’explique que la plupart des villages du coin étaient des îles, mais qu’il faut faire un effort d’imagination pour le comprendre. Ici, je le perçois d’un coup : une rangée de maisons sur un plateau qui tombe à pic (quelques mètres) sur une vaste étendue monochrome — du vert, en ce moment, mais je conçois sans effort que ç’ait été du bleu autrefois, ou du gris, ou disons : la couleur de l’eau et du ciel.

On continue la balade. La route longe un genre de mur moche. Je demande : « C’est quoi ? ». Il répond : « Tu verras ». Six ou sept marches pour grimper le mur, et je comprends que ce mur est une digue : derrière, c’est la mer. Le plaisir, à ce moment, je ne vous dis pas. Les vagues strient la surface de petites lignes régulières. En face c’est l’île de Ré. On pousse jusqu’à la pointe, la pointe de l’Aiguillon. Sur cette langue de sable il n’y a d’autres empreintes de pas que celles des oiseaux. D’un côté, le fleuve, de l’autre l’océan.

Au retour, il y a un moment où il dit : « Je fais parler les gens à propos de lieux qu’ils aiment — non, d’ailleurs, pas nécessairement qu’ils aiment, plutôt qu’ils choisissent, et qui leur parle, qu’ils l’aiment ou pas : une émotion négative peut être belle aussi. » Par rapport à mon projet d’ateliers d’écriture, forcément, ça me parle.

Ensuite, il dit aussi, à propos d’un village breton où il s’est rendu quelques jours plus tôt : « Je ne sais pas ce que j’étais venu chercher là-bas, mais je l’ai trouvé ». Et ça, par rapport à ce que j’écris dans Les présents, ça a du sens.

Les lieux d’un roman

Sur une carte de Saint-Céré, des pastilles rouges. Entre elles et les images, je tire mon fil rouge (littéralement) : des cartes postales (anciennes ou pas), des photos prises par moi ou par d’autres, des dessins, des extraits de texte, des pages de mon carnet. Ce sont les lieux-clés du Héros et les autres : des lieux réels (à Saint-Céré), des lieux imaginaires (disons plutôt : fantasmés à partir de lieux réels), des souvenirs (des épisodes qui ont eu lieu dans d’autres endroits).

Je veux que l’expo soit foisonnante, qu’elle parte dans tous les sens, qu’on ne sache pas trop comment la regarder. Que l’œil soit accroché par une image, qu’il suive le fil rouge et tombe sur autre chose — une association d’idées. J’ai noté sur des soi-disant cartels le rapport que chaque chose entretient avec le Héros et les autres — parfois, c’est lointain : mais peu importe, car l’expo s’adresse aussi (surtout) à ceux qui ne l’ont pas lu. L’idée, c’est de leur montrer « comment je travaille » — non, disons plutôt : comment mes idées s’articulent autour de lieux, car c’est le thème de ma résidence. Sur le mur d’en face, les bibliothécaires afficheront une grande carte de Luçon et de ses environs : les visiteurs participeront à enrichir l’accrochage, en ajoutant une image, une photo, une pensée, un souvenir. Pour créer une carte sensible du territoire.

Mon expo, c’est « mon atelier ». Et, en vrai, mon « atelier », c’est surtout une bibliothèque. Alors, j’ai choisi quelques livres en rapport avec Le héros et les autres : sur l’adolescence, sur les sentiments très purs et violents qu’on ne connaît pas très bien, sur l’imaginaire attaché aux lieux, sur les lieux ordinaires et magiques à la fois, sur les villes et les villages. Je les propose à qui voudra bien les découvrir, les feuilleter, en parler avec moi.