Un faible pour Lairoux

par Antonin Crenn

J’ai un faible pour Lairoux. Je n’ai pas dit « pour les roux » (encore que ce serait vrai aussi, car j’aime bien les garçons roux — je ne sais pas pourquoi —, mais ce n’est pas le sujet, ici). J’ai vu pas mal d’endroits chouettes dans les parages, mais j’avoue : Lairoux, ça me botte spécialement.

Déjà, que je vous dise : pour y aller depuis Luçon, on traverse Beugné-l’Abbé et Chasnais (on pique-nique au bord d’un plan d’eau, à la sortie de Chasnais, après les enclos des poules et des oies), puis on approche de Lairoux guidés par des panneaux Michelin de toute beauté. On aurait pris le tram, si on avait pu, mais il n’existe plus depuis belle lurette (regardez la gueule de la gare sur la photo, en dessous, et vous aurez compris) ; on a donc pris nos pieds et on n’a pas eu à s’en plaindre, car la route est jolie comme tout.

Ce que j’aime à Lairoux : le cheval pie (c’est J.-E. qui connaît les mots pour qualifier les robes des chevaux), à qui j’ai donné de l’herbe, parce que je suis un Parisien qui s’émerveille de chaque animal ; les poules (il y en a partout, mais à Lairoux encore plus qu’ailleurs) ; les maisons faites de vraies belles pierres, pas trop abîmées par les aménagements standards qu’on voit trop souvent sur les maisons de catalogue ; un vrai village, quoi.

Ce que j’aime par-dessus tout, à Lairoux, c’est évidemment le communal : les aigrettes, les cormorans, les échasses, les cygnes, les ibis et les cigognes (je sais reconnaître tout ça, maintenant), qu’on observe aux jumelles à l’observatoire, ou à l’œil nu depuis la route. Car, voilà : ce que j’aime à Lairoux, c’est cette route qui longe le communal, comme une route de bord de mer, comme une promenade de corniche, comme la Riviera du marais. Je ne l’ai pas prise en photo, je ne vous la montre pas, car l’image serait décevante : il faut la parcourir pour la comprendre. Les maisons (les belles maisons) sont bien alignées sur le bord de la route et, en face, en léger contrebas, le marais s’étend, presque infini, peuplé de ces animaux fantastiques. Ils vivent ici sans nous voir, et, nous, nous suivons la route. C’est à cause de cette route-là que j’ai un faible pour Lairoux.