Il n’y a que cet appartement

Existe-t-il, quelque part, un lieu clos dans lequel j’aurais passé plus de deux jours consécutifs ? Je suis certain que la chose ne s’est jamais produite, dans aucun de mes appartements parisiens. S’il est arrivé, une fois ou deux, que je passe une journée complète en intérieur (parce que j’étais malade), je suis forcément sorti au deuxième jour. Il est possible que j’aie fait cela (rester deux jours sans aller dehors) quand j’étais enfant. Mais ce n’est même pas sûr.

Il n’y a que l’appartement de Montauban que j’ai occupé de cette façon : par longues plages de quarante-huit, voire trente-six heures consécutives. Pendant la deuxième quinzaine de mars, je n’allais pas au ravitaillement tous les jours. Je ne me promenais pas. Il n’y a que cet appartement que j’ai habité ainsi, aussi pleinement, aussi radicalement. Ce n’était pas voulu. Et c’est cet appartement que je retrouve, ce soir, après avoir parcouru la Beauce et le Poitou, après avoir traversé Bordeaux et Agen sans que le train ne s’arrête, après ce détour inutile par Toulouse. J’aime bien cet appartement, je suis content d’y habiter de nouveau.

Il me faut dix minutes pour m’installer. Je ne perds pas de temps à décider à quelle place je dois ranger chaque chose, car je les range à leur place, tout simplement. Rien n’a changé dans cet appartement – ah, si : le plafond a été repeint.

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