Antonin Crenn

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La même étagère

Le calendrier, c’est plus compliqué que ça n’y paraît. Alors que Le Héros et les autres (que j’ai écrit il y a deux ans) sort dans deux semaines chez Lunatique (n’oubliez pas, hein, on se voit le 24 chez Charybde ?), on termine le peaufinage sur L’Épaisseur du trait (que j’ai commencé à écrire il y a, au moins, trois ans), qui sort en janvier chez Publie.net. Il se trouve que c’est en ce moment, aussi, que commence ma « disponibilité » (vous savez, cette année sabbatique dans le jargon des fonctionnaires) : alors c’est comme si, d’un coup, tout allait vite. C’est très excitant.

Hier soir à la Terrasse de Gutenberg (dans un quartier qui m’est cher), il y a eu des lectures de Joachim Séné, Virginie Gautier et Anne Savelli, pour fêter les 10 ans de Publie.net. Comme je suis un peu timide, j’ai parlé seulement avec Guillaume, parce que je le connais déjà ; mais, même si je n’ai pas fait connaissance avec eux, j’ai passé une très bonne soirée à les écouter lire, les autres auteurs. J’ai trouvé que ç’avait du sens, d’être là. Je veux dire : hier soir quelqu’un a demandé ce que c’était, l’identité de Publie.net, ou le point commun des livres Publie.net, ou la nature du lien qui pourrait faire communauté parmi les auteurs. Moi, j’ai pensé seulement : les livres publiés par cette maison me plaisent : je les aime ; et, même ceux que j’ai moins aimés, ils m’intéressent pour le projet littéraire qu’ils contiennent. C’est énorme, comme sentiment (je dis sentiment au sens de « sensation », parce que c’est vraiment une question de sensibilité, je crois) — c’est énorme parce qu’en revanche, au-dehors, les livres qui m’intéressent (sur une table de libraire par exemple), eh bien ils ne sont pas si nombreux. Il y a même des livres qui me rebutent. Ou qui me tombent des mains.

Avec Lunatique, c’est tout pareil. Au début, j’avais lu quelques titres seulement, et je me demandais : pourquoi moi ? Est-ce que c’est ma place ? Et puis, j’ai lu d’autres livres (depuis plusieurs années que je fréquente la maison, j’en ai lu vraiment beaucoup, la plus grande partie je crois) et j’ai eu la même impression : ce sont des livres qui me parlent, des idées qui résonnent quelque part. Mais c’est même plus fort, dans le cas de Lunatique, parce que je connais la plupart des auteurs en vrai : plusieurs sont devenus des bons copains, voire des amis. Il y en a d’autres que je ne connais pas en vrai, mais avec qui je corresponds virtuellement : parce que, même si on ne se connaît pas, on a des choses à se dire. N’est-ce pas fort, ça aussi ? Nous qui écrivons pour être lus, nous trouvons mutuellement que les autres écrivent des choses qui méritent d’être lues, et nous avons envie de leur dire (leur écrire) des choses qu’ils pourront comprendre.

Ce sentiment — au sens de « Connaissance, conscience plus ou moins claire que l’on a de quelque chose » (j’ai vérifié) — rendent le travail drôlement plus fort. Plus intéressant. Ça aura du sens, en tout cas, de ranger mes livres avec ces autres-là, dans la même étagère.

Il y avait foule chez Charybde

Inutile de le nier, j’étais vachement fier hier soir chez Charybde. Merci à Hugues pour son accueil, et merci à tous les copains, et puis aux gens chouettes que j’ai rencontrés. Là, je mets une photo de moi (c’est Étienne Gomez qui l’a prise) — c’est vraiment parce que je suis content. Mais faut pas croire que j’étais tout seul : on a parlé des textes de Claire Dumay, Françoise Favretto, Perrine Le Querrec, Hervé Mestron, Annie Mignard et Corine Pourtau. Que de monde ! Charybde, c’est immense, en fait !

Pour se souvenir encore mieux de ce qui s’est dit, on peut écouter ceci : « une soirée de discussion, d’échange et de lecture autour de l’art de la nouvelle ».