Antonin Crenn

Tag: Les plans

Rien n’est différent, pourtant

Est-ce parce que j’ai déjà, le lundi après-midi, l’œil injecté de sang (comme un petit trou rouge à côté de la pupille), alors que je n’ai travaillé que quelques heures sur l’écran ? Est-ce parce que le Biocoop de la rue Bréguet est fermé et que je suis obligé d’aller au Naturalia de la rue de la Roquette, où les courgettes sont en promo mais moisies (couvertes d’une mousse blanche et poilue) et où la cagette de tomates est un élevage de moucherons ? Est-ce parce que le fascisme progresse partout à la vitesse d’un cheval au galop (comme la marée, dit-on, dans la baie du Mont-Saint-Michel), dans l’indifférence des uns et sous les applaudissements des autres ? Est-ce parce que, ce week-end, un gars nous a demandé son chemin dans la rue (presque cordialement), puis, subitement, nous a traités de « pédales » ? Est-ce parce que les pages que j’ai retravaillées aujourd’hui dans Les présents ne sont pas devenues meilleures, le soir, que ce qu’elles étaient déjà le matin ? Non, ce n’est rien de tout cela. Et, à la fois, c’est tout cela, et tout le reste. Il n’y a pas de raison particulière pour je sois triste, ce soir – pas de raison spécifique à ce jour, qui ne soit pas déjà commune à tous les autres jours. Rien n’est différent. Ça me tombe dessus certains jours et, d’autres, ça glisse. Je ne sais pas pourquoi. Le sentiment que toutes les choses que je pourrais1 faire, si belles et si grandes seraient-elles, ne serviraient qu’à combler le temps et l’espace, à combattre le vide. À m’occuper, quoi, pendant les quelques années ou décennies que je passerai sur terre. C’est une pauvre ambition : pas de quoi sauter au plafond. Mais, si j’ai les yeux humides ce soir, c’est parce que j’y ai mis ces gouttes qui les hydratent (mais qui ne réparent pas les trous, or, moi, c’est l’impression que j’ai : avoir un trou), pas parce que j’ai pleuré – j’en ai envie, pourtant (le mot envie n’est pas du tout approprié, bien sûr, mais on se comprend), mais je ne le fais pas. Je regarde la pluie tomber sur le velux, je regarde des cartes de géographie dans mon atlas, je regarde le poivron revenir dans l’huile d’olive (c’était le seul légume comestible, au magasin). Je me blottis contre J.-E., surtout, et j’attends demain.

1 ici, un lapsus intéressant : j’avais écris d’abord : que je pourris

Noms de lieux : les plans

On dit parfois (par exemple, quand on est parisien et qu’on est paumé au fin fond de la campagne) : « je suis dans le trou du cul du monde ». Certains le disent, en tout cas. Eh bien ils ont tort. Parce qu’en fait, le Trou du Cul n’est pas à la campagne, mais à quinze minutes de Paris par la ligne 13 : à Saint-Denis. Plus précisément : le lieu-dit Trou-du-Cul est à l’emplacement (approximatif) de l’IUT et du CROUS de Saint-Denis. Maintenant, vous savez. Je ne sais pas si je pourrai montrer ça aux élèves du collège Elsa-Triolet avec qui je travaillerai l’année prochaine – c’est intéressant, pourtant, l’histoire des noms de lieux. Ça leur plaira.

Ce n’est pas du tout ça que je cherchais, en fait, au centre de documentation du pavillon de l’Arsenal. J’ai digressé, je suis tombé sur Saint-Denis. Ce que j’aurais voulu, ils ne l’avaient pas : des photos de la rue des Batailles. Leur photothèque est géniale (moi, je m’y plais), mais on n’y trouve que des photos du vingtième siècle (c’est déjà pas mal).

J’ai de bonnes raisons de m’intéresser à la rue des Batailles – et en particulier à l’immeuble du numéro 1 – mais je ne vous les dis pas : ces raisons sont encore confuses et je ne crois pas que ça m’aiderait de vous en parler. Au pavillon de l’Arsenal, j’ai trouvé ce plan-là dans un bouquin (Petit Atlas pittoresque des 48 quartiers de la ville de Paris, par A.-M. Perrot, en 1834).

Ça peut paraître curieux que je m’intéresse à une rue du 16e arrondissement, qui a disparu à la fin du Second Empire quand on a tracé l’avenue d’Iéna en plein dedans, parce que c’est un quartier que je fréquente très peu et que je connais mal. Pour le connaître mieux, je me suis fait une collection de plans magnifiques, photographiés à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. C’est bien, mais ce n’est pas assez. Ce que je voudrais, maintenant, c’est tout savoir sur cette maison-là, au numéro 1 :

Alors, si par hasard (on peut rêver) vous savez quoi que ce soit sur cet immeuble (une photo, oh oui, une photo !) ou sur les gens qui l’ont habité avant qu’il soit démoli (en gros, vers 1865), dites-le-moi. Vous serez gentils.

La beauté du geste

Pourquoi j’ai aimé lire City of Glass. Parce qu’on me l’avait recommandé, évidemment, et parce qu’il y a des thèmes qui me plaisent là-dedans (la ville, les fantômes). Mais surtout parce que j’ai aimé la fin : le roman (qui ressemble à s’y méprendre à une enquête) se termine sans que l’enquête soit terminée. Des pistes ont été esquissées, voire carrément explorées, et n’ont abouti nulle part. Pourquoi le personnage principal a-t-il été confondu avec un certain Paul Auster, détective privé, alors que le Paul Auster en question est écrivain et n’a jamais entendu parler de l’autre ? On ne le saura pas. Où Peter et Virginia sont-ils partis ? et ont-ils disparu volontairement ? On ne le saura pas. Qui s’est occupé de ravitailler Quinn dans l’appartement après qu’il s’y est retranché comme Robinson ? On ne le saura pas. Et surtout, surtout, surtout : le dessin formé virtuellement sur le plan du quartier (et dans l’espace de la ville) par les parcours effectués par le vieux (le tracé de ces parcours dans les rues orthogonales, formant le contour des lettres de l’alphabet) : est-il intentionnel ? est-ce réel, ou est-ce une illusion ? est-ce le fantasme du personnage, ou celui de l’auteur ? (J’ai pensé, à mesure que les lettres apparaissaient, que l’une d’elles « aurait la forme, depuis longtemps prévisible dans son ironie même, d’un W », à cause de la dernière phrase de La vie, mode d’emploi, mais ça, c’est une manie à moi). On ne le saura pas.

Cela me rassure. Que ce bouquin s’autorise à faire ça. Parce que moi non plus, je n’ai pas envie de régler les problèmes, de faire aboutir toutes les pistes, de découvrir la vérité, de dévoiler les secrets. Ces épisodes, je les lis avec plaisir (ou avec intérêt) pour ce qu’ils sont, et non comme des moyens de parvenir à un résultat. Je me fiche pas mal de leur fonction utilitaire. Ça ne veut pas dire pour autant qu’ils soient gratuits, qu’ils ne signifient rien. Au contraire : ils sont signifiants pour eux-mêmes, d’une part, et pour la place qu’ils occupent dans l’esthétique du récit, d’autre part. Ils ne font pas avancer le schmilblick, comme le feraient des étapes strictement fonctionnelles qu’on pourrait oublier au fur et à mesure qu’on atteint l’étape suivante. Ils participent de la construction d’une pièce plus grande qu’eux, dont chaque brique est aussi intéressante en soi. Et le puzzle complet, quand il est achevé, eh bien, il ne sert à rien. Il est là, c’est tout. Pour la beauté du geste.

Je pense à ça, là, parce que j’ai besoin de trouver du sens à chaque chose que je fais, sous peine d’être frappé aussitôt d’un ennui mortel. Et, à la fois, je n’aime pas trouver une fonction à ces mêmes choses. Je dois me débrouiller entre les deux, trouver une place.

Hier, J. et moi avons visité la librairie italienne de San Francisco, à North Beach. Je voulais lui faire connaître Mario Rigoni Stern, parce que ses livres auraient parlé à J. et à son amour de la montagne. Le libraire n’avait pas ces livres : on en a achetés d’autres. Puis, on a déjeuné à côté, tous les deux, et on s’est amusés à parler italien. Pourquoi on fait ça, J. et moi ? C’est curieux, ce plaisir qu’on a de baragouiner dans cette langue, alors qu’elle n’est ni la mienne, ni la sienne. Quand j’ai rencontré J., c’était déjà de ça qu’il était vachement question entre nous : R. m’avait présenté à J. parce que je serais une occasion pour lui de parler français — il avait appris la langue sans raison, pour le plaisir, comme il l’a fait ensuite pour l’italien. Je ne suis pas aussi passionné que lui, mais tout de même : je l’ai apprise, cette langue, alors que je n’ai pas besoin du tout de la comprendre, car les seuls amis que j’ai en Italie (A. et G.) parlent parfaitement la mienne. Je l’ai fait parce que c’était une manière de m’amuser et, surtout, d’éprouver des émotions différentes. De donner du sens à mes séjours dans ce pays. D’échapper à l’errance touristique, à la contemplation vaine et plate. D’énoncer des faits, des idées, dans une esthétique différente. C’était un projet esthétique, oui, je n’ai pas peur des mots. Hier, J. et moi nous sommes amusés à former des phrases en italien pour la beauté du geste.

Je quitte San Francisco ce soir. Pourquoi j’aime venir ici ? Parce que la ville est chouette, évidemment. Mais surtout, surtout, surtout, parce que cet endroit fait partie de ceux où j’ai l’impression que ma présence a du sens. Où j’échappe a l’ennui de la présence strictement touristique. Où je continue de fabriquer, chaque jour, des petites briques qui sont signifiantes en soi et qui, mises ensemble, participent à la construction d’une pièce plus grande qu’elles — parce que la présence dans la maison de J. et J., pour moi, ça n’est vraiment pas rien.

Ce voyage était beau (il l’est encore) et il a du sens (il en a eu chaque jour, il en aura longtemps). Maintenant qu’il est terminé, est-ce que je peux dire à quoi il a servi ? À quoi il a abouti ? Non. On ne le saura pas, et ça n’a pas d’importance. Je me fiche pas mal de le savoir. Il n’a servi à rien. C’est un moment qui a existé pour lui-même, c’est tout. Pour la beauté du geste.

Torpilleur, touché

Je ne sais pas exactement ce que ce serait, « écrire pour les mômes ». L’un de mes livres est soi-disant pour les enfants – c’est Les bandits – mais, à l’origine, le texte, je l’avais écrit comme s’il était pour moi. J’imaginais qu’il serait lu par des enfants de mon âge, disons, de vingt-huit ans. Et finalement, il paraît qu’on peut tout piger quand même, avec vingt ans de moins. Tant mieux. Avec Le héros, c’est un peu pareil : je l’ai écrit comme ça me venait. Puis, il est arrivé plusieurs fois que des jeunes (des gens qui ont, genre, la moitié de mon âge) lisent le livre, et l’aiment. Et c’était beau de le savoir. Mais alors… ça voudrait dire quoi, si un jour je décidais d’écrire consciemment, volontairement, pour les mômes ?… Si j’écrivais un « livre jeunesse », comme on dit, en le faisant exprès ? J’en sais rien du tout. Je réfléchis à ça, en ce moment. Assez souvent, même.

Là, par exemple, j’y réfléchis. Et, en même temps, je pense aussi à la configuration du lieu où je me trouve. Aucun rapport entre les deux, a priori. Mais, ça m’arrive souvent de réfléchir à cette autre chose : c’est quoi, ce lieu où je suis ?

Dans ce quartier, où je réside pour la troisième fois, je viens seulement de remarquer (hier) que les rues portaient des noms de lettres. Dans l’ordre alphabétique. C’est-à-dire que, tandis que les avenues (orientées Nord-Sud) sont simplement numérotées, les rues (perpendiculaires aux avenues) sont, quant à elles, nommés par des lettres. Mais oui ! Tout simplement. H, I, J, K, L, etc. Hugo, Irving, Judah, Kirkham, Lawton, etc. Je n’avais jamais compris ça, avant. Je l’ai vu en tombant sur ce plan ancien, que je vous montre ici (vous les voyez, les petites lettres, aux intersections ?) – un plan qui date probablement du moment où on venait juste de créer ces rues, mais qu’on ne leur avait pas encore donné de vrais noms.

Ça me plaît, ces lettres. Pour plusieurs raisons. D’abord, parce que dans L’épaisseur du trait, les personnages s’appellent (par ordre d’apparition) : A, E, I, O, U, puis I à nouveau (Alexandre, Eugène, Ivan, Otto, Ulisse), mais que je ne l’ai pas fait pour qu’on le remarque. C’est comme ça, c’est tout. Pareil pour les rues du quartier : je n’avais pas pigé cette astuce alphabétique, et ça ne m’empêchait pas de m’y promener.

L’autre raison, c’est parce que j’imagine maintenant jouer à la bataille navale sur le plan. On pourrait dire, par exemple : j’habite à K-12. Ensuite, on dirait : H-8 – Torpilleur, touché. Et puis encore : I-9 ? – Boulangerie Arizmendi, coulée.

Voilà à quoi je pense. Qu’on pourrait s’amuser comme des mômes, dans cette ville d’adultes (les villes sont toujours faites par les adultes, pour les adultes). Et cette réflexion-là, si elle me vient maintenant, formulée dans ces mots-là, c’est parce que je lis de temps en temps des bouquins « pour les jeunes », histoire de voir à quoi ça ressemble – rapport à ce que j’expliquais au début. Et que, ces jours-ci, précisément, je viens de lire L’Arcan, de Thomas Villatte, qui m’a beaucoup plu (et intéressé). Et que dans ce livre, il y a une phrase en particulier, oh, une phrase, oui, juste cette phrase :

Cette phrase-là, je la prends. Juste pour moi. Elle m’a touché, en plein dedans. Touché, oui, mais pas coulé.

Noms de lieux : la ville, le paysage

Les lignes ne disent presque rien du paysage, sur le plan. Je veux dire : la forme des lignes telles qu’elles sont tracées sur le papier. À Paris, à l’inverse, lorsque les lignes sont droites et lorsque les carrefours sont à peu près orthogonaux, on peut être certain que le quartier est, dans la vraie vie, plat. Et que le niveau du sol est, dans ce quartier, plan. Dans le Marais, par exemple, ou bien dans la plaine de Grenelle, ou encore aux Batignolles. Et, à d’autres endroits, les rues se courbent : elles contournent les obstacles : ce sont des collines, c’est Belleville ou Montmartre. Mais ici, dans cette ville états-unienne planifiée au cordeau, les rues sont toujours droites et les angles toujours à quatre-vingt-dix degrés. Quelle que soit la pente, quel que soit le relief. Si la rue doit grimper la côte à 17 %, eh bien, elle la grimpe. Sans état d’âme. Alors, la géométrie ne nous dit pas grand-chose sur le paysage, non.

Mais les noms des lieux, oui. Ils nous parlent du paysage. Et ça, ça me plaît. On dit Cole Valley, par exemple, ou Noe Valley, pour parler des quartiers de Cole Street ou de Noe Street. Simplement parce que ces rues sont situées dans des creux, dans des vallées. D’autres quartiers, au contraire, s’appellent Bernal Heights ou Pacific Heights, parce qu’ils sont placés en hauteur. Il y a aussi Russian Hill ou Nob Hill qui, sans surprise, sont des collines. Et ce parc, là, le Buena Vista Park ? C’est facile : depuis ce point s’ouvre un panorama, une buena vista, parce qu’il est sur une colline, lui aussi. Et le quartier où habitent J. et J., qu’on appelle le Sunset, devinez où il est ? Fastoche : il est du côté du coucher de soleil, plein ouest.

Voilà. On n’est jamais loin, dans cette ville, du paysage originel, de celui qui était là avant. C’est tout du moins mon impression. Hier, j’ai gravi une butte, une quasi-montagne : le mont Sutro. C’est en plein milieu de la ville, et je suis sûr que ça n’a pas changé d’allure depuis l’époque où la ville n’existait pas. Je ne serais pas surpris d’apprendre qu’on n’a jamais touché à rien, et que ces arbres, immenses, ont toujours été là. Que c’est une sorte de forêt primaire. Un paysage intact.

Et même le fameux Golden Gate, le détroit sur lequel est jeté le fameux pont rouge, son nom signifie : « porte Dorée ». Littéralement. Comme la porte Dorée de Paris. Mais, celle de Paris est une porte ménagée dans une construction humaine : une ouverture dans les fortifications (au temps où elle s’appelait : porte de Picpus), puis un accès au boulevard périphérique. La porte Dorée de San Francisco, quant à elle, est une porte ouverte sur la baie. L’endroit où la terre s’écarte pour laisser passer l’eau. Un événement purement géologique et maritime. Un morceau de paysage.

Des lieux, des histoires : la carte du territoire

Pendant les ateliers d’écriture que j’ai animés, j’ai proposé à chacun, à chacune, de choisir un lieu. Et, à partir de ce lieu, d’écrire une histoire. Entre le début et la fin, que s’est-il passé ? J’ai parlé (beaucoup), pour lancer des idées, tendre des perches, indiquer des pistes. Pour décrire le lieu, pour évoquer des émotions, pour créer un personnage. Et chacun, chacune, a écrit son histoire — réelle ou imaginaire — ancrée dans un lieu. Ensuite, j’ai placé ces histoires sur la carte du territoire :

(La carte apparaît en petit sur le blog, ce n’est pas terrible. Le meilleur moyen de la consulter, c’est en plein écran en cliquant ici, et sur un ordinateur plutôt que sur un téléphone).

Il y a encore des timides, qui n’ont pas osé m’envoyer leur texte après que l’atelier s’est terminé. Tant pis pour moi… mais, il n’est pas trop tard ! J’aimerais encore compléter cette carte : j’y ajouterai les textes quand ils arriveront…

Deux surprises

Il y aura deux surprises, ce soir : les élèves vont découvrir leurs propres textes, mis en pages ; et moi, je vais découvrir leurs textes, mis en voix — ils vont les lire, leurs histoires !

Venez, c’est à la salle des fêtes.

La carte, le territoire et moi

On croirait que je présente la météo, sur cette photo : en réalité, je pose devant la carte participative affichée à la médiathèque. Et la photo, c’est dans le Ouest France d’aujourd’hui.

À la médiathèque, une carte remplie d’histoires
Auteur en résidence en Sud Vendée littoral, Antonin Crenn anime des ateliers d’écriture ouverts à tous, dans le but de créer une carte sensible du territoire.

« Les ateliers d’écriture s’inscrivent dans le cadre de mon projet d’une carte du territoire, inventée par les habitants », explique Antonin Crenn. Cette carte est visible à la médiathèque Pierre-Menanteau, à Luçon, et s’est déjà enrichie de différentes photographies. « Le principe des ateliers est que chacun choisisse un lieu du territoire qui lui tient à cœur et de raconter une histoire ».

Un atelier ouvert à tous
Pendant une heure environ, les participants partent de la réalité objective d’un lieu « description, moments liés à ce lieu, sensations… On obtient plein de mots dans tous les sens, une boîte à outils, une boîte de briques, dans laquelle, dans un deuxième temps on va piocher pour créer une histoire ». Les ateliers d’écriture pour les adultes se déroulent dans des lieux qui peuvent être aussi source d’inspiration, ainsi le premier atelier à Luçon s’est déroulé à l’évêché, le deuxième à Thiré pendant le festival de printemps.

« L’impression ressentie, en quelques minutes, en entrant dans le lieu, peut suffire à créer une histoire. Sur le premier atelier, certains ont écrit sur des lieux attendus comme le jardin Dumaine, mais aussi sur des endroits méconnus un chemin, un puits à l’angle de deux rues, détaille l’auteur. Au final on a des histoires qui vont de l’imaginaire au très réaliste. Beaucoup d’histoires sur un temps long, de souvenirs. »

Il n’y a aucun prérequis pour participer aux ateliers « l’important c’est l’envie d’écrire, ne pas partir avec une idée préconçue. Des parents ont promis de venir avec leurs adolescents, j’aime cette idée de mélange de générations. ». Après l’atelier, les participants sont invités à envoyer à Antonin Crenn leurs textes « je voudrais les allier à des photos de la carte sensible du territoire ».