Antonin Crenn

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La Faute à qui

J.-E. est venu me voir de Paris. Alors, à Luçon, on a fait comme des Parisiens : on a pris le bus. La différence c’est qu’au lieu de nous mener, par exemple, à Gambetta ou à la porte de Charenton, ce bus-là nous emmène à la mer.

Arrivés à la Faute-sur-Mer, on tombe sur cette plaque de rue : avenue de la Plage. Fastoche. On descend cette avenue et on trouve la plage. Notre projet déclaré était de marcher le long de l’eau jusqu’à la pointe d’Arçay, puis, une fois atteinte l’extrémité de terre bordée par l’océan et l’estuaire du Lay, de faire le tour de la presqu’île en longeant, cette fois, le fleuve. J’avais étudié la carte topographique IGN.

Sur cette plage, on peut marcher des heures en plein soleil, le vent dans la tronche, sans croiser un chat — ce n’est pas étonnant, puisque les chats n’aiment pas l’eau. Seuls au monde, heureux comme tout. On marche, on marche, on n’en voit pas le bout. Que c’est bon, de ne pas voir passer le temps ni les kilomètres ! Jusqu’à ce que, soudain, on se rappelle qu’on a un bus à prendre, pour rentrer à Paris (pardon : à Luçon). On calcule : cela fait presque deux heures qu’on marche sur la plage ; le bus part dans deux heures. On conclut : on ne fera pas le tour de la pointe. Ce qu’on attend de la carte topographique IGN dans un pareil cas, c’est de nous sauver la vie. Il se trouve qu’elle indique plusieurs chemins de traverse qui, théoriquement, permettent de court-circuiter la grande boucle pour rejoindre la rive du Lay depuis la plage, en coupant la mince langue de terre. Eh bien, on les a cherchés, ces chemins, dans le sable de la plage, dans le sable de la dune, dans le sable de la lande. Jamais trouvés.

Nous avons été condamnés à refaire le même chemin, exactement, en sens inverse. Cette route fabuleuse, c’est-à-dire cette plage absolument solitaire, le bruit du vent et celui de l’océan. Le soleil n’a pas cessé de briller une seconde, pas un nuage en vue. À ce régime-là, je vous le donne en mille : non seulement on a subi une balade merveilleuse, mais, en plus, on a bronzé. La faute à qui ? à l’IGN, encore une fois.

Le chemin qui bifurque

Les cartes topographiques IGN, ce n’est pas rien. La mienne est étalée sur la grande table de la salle à manger depuis le premier jour. Je m’y promène.

Aujourd’hui, vu le soleil de fou qui brille sur Luçon, je suis parti me promener en dehors de la carte : sur le territoire. J’ai quitté Luçon par la rue du Port, qui se prolonge dans la campagne. Juste après la dernière maison, j’ai tourné à gauche : une petite route bifurque vers les marais, se prolonge en un chemin mignon bordé de bassins : des oiseaux vivent là-dedans, ça bat des ailes à mon passage. La carte IGN prétendait que ce chemin aboutissait sur la piste cyclable le long du canal de Luçon, remontant ainsi vers la ville — eh bien, ce n’est pas vrai. J’en suis le premier étonné, mais je vous le dis comme je l’ai vu : la carte IGN ne dit pas la vérité. Il y a un canal étroit (mais infranchissable) qui sépare cet endroit de l’autre canal, celui longé par la voie cyclable. Tant pis, j’ai rebroussé chemin : l’endroit est joli, je ne suis pas fâché d’y passer une deuxième fois.

Cette photo n’a pas été prise d’ici, mais d’un autre endroit situé à proximité : le pré communal de Beugné-l’Abbé. Un peu selon le même principe : on va jusqu’au bout du chemin (qui est plus joli que l’autre, d’ailleurs), puis on retourne sur ses pas. Vous ne me croirez pas si je vous dis que j’y ai vu une cigogne, à nouveau. Mais, c’est la vérité. En plus, c’est à deux pas de la maison où je logerai au mois de mai : quelque chose me dit que je reviendrai traîner dans ce coin-là.

Faire connaissance

Si on aime les vieilles pierres, Luçon, c’est chouette. Moi, j’aime ça, les vieilles pierres. Je n’ai pas encore visité la cathédrale, mais j’ai vu le château d’eau, qui est une autre cathédrale à sa manière, en béton 1900 avec des ornements beaux comme tout. Je l’ai vu hier quand il faisait soleil. Cet après-midi, il bruine gentiment.

J’ai pris les rues derrière « chez moi », qui portent des noms comme : rue de l’Aumônerie, des Chanoines, de l’Union-Chrétienne, du Grand-Carmel : vous voyez le genre. C’est à cet endroit qu’on voit le Carmel, justement, et d’autres édifices magnifiques plus ou moins sacrés, et des hôtels particuliers aussi. J’ai suivi la rue du Port pour arriver au portfeu le port, parce que dans le port de Luçon, il n’y a plus d’eau depuis belle lurette. Ils l’ont comblé dans les années 70 : aujourd’hui, c’est une place en travaux avec un square et un bâtiment tout neuf (on me souffle dans l’oreillette que, du coup, il y a de nouveau de l’eau dans le port, puisque ce bâtiment est une piscine — merci à l’oreillette). Je remonte vers la ville. Je tombe sur une halle arrondie (c’est marrant) et un gymnase qui vaut le coup (il est en pierre : j’aurais cru une église ou une caserne de pompiers). J’arrive dans la zone moche (je crois qu’il faut dire « zone d’activités ») : j’avais repéré qu’il fallait venir jusque là pour trouver le brocanteur, à qui j’achète deux cartes de Vendée.

Une « routière et kilométrique » dressée par Justin Vincent, agent-voyer, et une « touristique » qui vous dit où faire du cheval, et où trouver du congre, de la daurade ou des pétoncles. On cause. Il me montre un livre terrible sur Paris qui me fait drôlement envie, mais je ne suis pas là pour acheter des trucs sur Paris. Je me sauve (en vrai, je crois que je reviendrai l’acheter). En traversant des lotissements impossibles, je tombe sur une vieille connaissance (ouf) : une rue du Commandant-Charcot. Ça me fait plaisir. J’ai envie de voir le cimetière et c’est à ce moment que le crachin gentillet devient une pluie, une vraie : j’ai pris exprès mon imper acheté l’été dernier en Bretagne, ça ne m’empêchera donc pas de voir quelques monuments et de remarquer qu’il est écrit dessus, plus souvent que dans d’autres cimetières visités, « ici repose le corps de » (ils précisent « le corps »). Je reviens en ville, il ne pleut plus. Tiens, le château d’eau ! il est aussi beau qu’hier. Quasi en face de chez moi, il y a le jardin Dumaine. Je le parcours avant de rentrer : c’est grand et c’est chic, c’est le genre de parc dont les allées romantiques sont dessinées exprès pour qu’on s’y perde. Au fond, des buissons sont taillés en forme d’animaux : il y en a un, je me demande si c’est un baudet du Poitou.

Sans me vanter, ce soir, je peux dire que je connais Luçon mieux que ce matin.

Un atlas

J’étais môme, j’avais inventé des pays et les avais dessinés dans cet atlas — voilà les trois premières pages. Pour chacun, sont indiqués la surface, le drapeau et le nom d’abitants. Vous reconnaîtrez : un pon, des mers et des îles, et notamment l’île du Scelète de Girafe. À propos d’une autre, vous êtes prévenus : il ne faut jamais yalé, c’est trop dangereux.

Remonter le courant (la Vendée est une rivière)

Je fais un peu d’archéologie. Je fouille dans mes papiers. À la médiathèque de Luçon, on prévoit une expo qui s’intitulera « dans l’atelier d’Antonin Crenn », qui durera le temps de ma présence là-bas. J’y montrerai mon travail comme si j’étais quelqu’un d’important. Plus précisément, ce sera autour du Héros et les autres : je vais étaler sur le mur toutes les choses qui ont participé à sa création, autour d’un plan de Saint-Céré. Chaque lieu important du récit sera lié à des images, des petits objets, des bouts de texte. Par association d’idées. Je ne montrerai pas seulement les choses qui m’ont servi concrètement pendant l’écriture (il y en a peu) : en fait, je vais inventer après coup une sorte de constellation. Je montrerai des livres que j’aime. Et aussi — c’est là qu’intervient l’archéologie — des petits bouts de vieux projets écrits ou dessinés quand j’avais l’âge de Martin, et qui contiennent déjà des motifs qui se sont retrouvés dans Le Héros. Et qui vont continuer de se retrouver dans d’autres textes, je vous le garantis.

Là, j’ai quatorze ans. Je suis remonté un peu trop loin dans ma frise chronologique. On garde de ces trucs. Remontant encore le courant, je tombe sur ce carnet de notes (je suis en CM1) : la maîtresse dit que je pourrais développer davantage mes idées en expression écrite. Comptez sur moi, maîtresse, je vais m’y appliquer.

Je prépare aussi, en ce moment, les ateliers d’écriture que je vais animer avec les jeunes Vendéens. Parmi les élèves que je rencontre en premier, à l’Île-d’Elle, il y aura des CM1 — je les inciterai à bien développer leurs idées en expression écrite, vous allez voir.

L’Île-d’Elle sur la carte de Cassini

J’aimerais bien que l’Île-d’Elle ait été véritablement, à une époque, une île — puis qu’elle se soit retrouvée dans les terres à cause de l’assèchement des marais. C’est probable, mais c’est sûrement plus compliqué que ça. Je creuserai peut-être la question.

L’Île-d’Elle sur ma carte IGN

À l’Île-d’Elle, il y a une écluse qui s’appelle « le Gouffre », et puis une gare abandonnée devenue une maison particulière. Il y a une rivière qui s’appelle la Vendée (vous le saviez, vous, que la Vendée était le nom d’une rivière ?). Et il y a un monument aux morts en forme de bonhomme sur son piédestal. On ne va pas s’ennuyer, c’est sûr.

Noms de lieux : les deux Charcot

Le Pourquoi Pas ? a fait naufrage au large de Reykjavík le 16 septembre 1936. Un homme a survécu et quarante autres sont morts en mer, parmi lesquels Jean-Baptiste Charcot. Le lendemain, au Conseil municipal de Paris, Alex Biscarre demande qu’une rue de Paris porte le nom de Charcot afin de lui rendre l’hommage qu’il mérite.

L’Ouest-Éclair, 19 septembre 1936

Il existait déjà une rue Charcot à Paris depuis 1894, à côté de la Salpêtrière, pour honorer Jean-Martin Charcot — qui s’était illustré (notamment) dans cet hôpital. On n’avait pas précisé le prénom, à l’époque, parce que son fils Jean-Baptiste n’était pas connu.

On dirait que le vœu d’Alex Biscarre est tombé aux oubliettes. Dans la rue Charcot, il n’y a toujours pas de mention du prénom. Elle aurait pu devenir par exemple rue Jean-Martin-et-Jean-Baptiste Charcot ou rue du Docteur-et-du-Commandant-Charcot. On a vu des tas d’exemples de rues Pierre-Curie qui, à la mort de Marie Curie, sont devenues rue Pierre-et-Marie-Curie. Une autre idée — sans doute meilleure — serait de transformer la rue Charcot en rue du Docteur-Charcot et de nommer le tout nouveau jardin Charcot : jardin du Commandant-Charcot.

Dans le genre, ils ne se sont pas trop mal débrouillés, à Neuilly. Ils ont gardé la rue Charcot qu’ils avaient déjà pour le père et, à côté, ils ont fait un boulevard du Commandant-Charcot pour le fils, là où était l’hôtel particulier familial.

En attendant, cet obscur conseiller municipal — je me permets de dire « obscur » parce que, franchement, personne n’osera dire qu’il est plus célèbre que Jean-Baptiste Charcot — a la chance d’avoir un lieu à son nom dans le 9 arrondissement : le square Alex-Biscarre, place Saint-Georges. C’est injuste, mais tant mieux pour lui.

Deux lieux

Là, c’est le plan du soi-disant « appartement » d’Alexandre dans L’épaisseur du trait, dessiné dans mon carnet en 2015.

Là, c’est le plan de mon soi-disant « chez moi », c’est-à-dire le lieu où je suis présentement, que je me suis trouvé en 2017 et que j’ai aménagé selon ce dessin fait dans un autre carnet.

Toute ressemblance de moi-même avec un personnage de fiction ne saurait être fortuite : ce serait plutôt une coïncidence, voire un fait exprès.

C’est jeudi au 6, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie

Jeudi à 19 heures, on vous présente L’épaisseur du trait, on papote un peu de mes livres (et d’autre chose si vous voulez), on boit un verre ensemble : c’est la librairie Les Mots à la Bouche qui m’accueille (merci !).

Vous viendrez ?

La librairie est au 6, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie à Paris 4. C’est là (je vous montre sur le plan). À peu de chose près (genre, quatre millimètres), on tombait juste dans la pliure. Ouf ! On l’a échappé belle.

Combien de fantômes

J’étais encore dans mes plans, à me promener. Là, c’était dans le Guide commode de la banlieue de Paris dressé par André Lecomte (38, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, téléphone Turbigo 89-18). La ville où j’ai grandi a pas mal changé, depuis, en particulier sur les bords de Seine qui m’intéressent tout spécialement. J’aurais bien aimé faire ça, comme métier : être le gars qui dessine les lignes sur le fleuve pour signifier le mouvement lent du courant. Quand ils ont construit l’immeuble où j’ai vécu, dans les années 80, ils en ont profité pour changer le nom de l’impasse qui y mène : cité Zapon, ça faisait sans doute trop lotissement pavillonnaire, ça faisait ouvrier, un peu cheap ; ils ont mis hameau Sisley à la place, qui sonne plus distingué, plus villa des happy few, vous voyez ce que je veux dire ? Quand j’étais petit, il restait encore une occurrence de l’expression « cité Zapon » sur l’armoire électrique du parking, à l’entrée de la résidence.

Je n’ai pas souvent l’idée d’utiliser Google maps. Pourtant, je trouve ça fascinant, comme tout le monde – c’est-à-dire effrayant et excitant à la fois. Je viens de vérifier : ce que j’ai toujours appelé « l’impasse » (autrement dit : la cité ou le hameau) n’a toujours pas été visité par la voiture de Streetview. Vous ne pourrez donc pas vous y promener. Dans les autres rues du quartier, on peut. On n’y rencontre pas un chat : dans ces banlieues-là, on reste chez soi, on ne déambule pas. Ah, si : voilà quelqu’un. Comme c’est bizarre. Dans ma rue. Un garçon roux qui transporte une banane.

J’ai toujours eu un faible pour les garçons roux et je ne cherche pas à savoir pourquoi. « Ils » lui ont flouté sa petite gueule de fantôme. Quelques rues plus loin, je vais voir mon lycée. Par curiosité seulement ; en aucun cas par nostalgie. Un endroit sinistre (un parallélépipède rectangle posé sur une cour de béton : une architecture assez typique de prison scolaire). Devant la grille, ce garçon m’adresse un grand geste amical.

C’est trop tard, mec, c’était il y a quinze ans qu’il fallait me faire coucou, pendant ces trois années de lycée où je n’ai jamais été aussi seul de ma vie. Gros malin. Il arrive après la bataille, celui-là. Et puis, d’abord, ce n’est même pas à moi qu’il fait coucou : c’est à la Google car. Les fantômes parlent aux fantômes.

Un coup de fil de J.-E. : il m’appelle de la gare de Bretenoux, son train est en retard et sa correspondance a sauté. « Ils » vont lui trouver un hôtel à Brive. Tu parles d’une tuile. Je suis triste pour lui – et pour moi, parce que j’aurais voulu dormir avec lui. Mais je me rappelle comme, il y a quelques années, j’étais juste paniqué à l’idée de dormir seul : un coup comme celui-ci devait se prévoir, s’organiser, de manière à me laisser le temps de trouver un copain pour sortir avec moi, pour que je rentre tard à la maison sans avoir vu la nuit tomber, et que je me couche seul, certes, mais fatigué. Ce soir, non, je n’éprouve pas cette angoisse. Je ne suis même pas inquiet. Je suis seulement, disons : chiffonné, parce que j’aurais été mieux avec lui que sans lui.

En rentrant à la maison, en préparant mon dîner, j’ai l’idée d’appeler ma mère. Avant, ç’aurait été typiquement le moment idéal pour se téléphoner : la bonne heure (un début de soirée) et la certitude d’avoir du temps devant nous pour parler. Mais ça, c’était avant. J’ai déjà eu la même pensée cet après-midi : ç’aurait été, aussi, un moment idéal et j’ai quasi fait le geste de prendre mon téléphone. Et je me suis arrêté. Il y a donc eu une époque où des circonstances absolument identiques à celles que je vis en ce moment auraient été idéales pour lui téléphoner, et, depuis, tout a changé. Cette époque, je n’arrive pas à comprendre si elle est tellement loin d’aujourd’hui : en distance ou en temps (je crois que c’est un peu la même chose), elle est tout près de moi. Mais, si c’est une distance qui ne se parcourt plus, est-ce que ça a encore du sens de la mesurer ? Il y a un grand mur au milieu, qui arrête mon geste quand je voudrais prendre mon téléphone. Et c’est cela qui a changé.

Je connaîtrai Luçon

Connaissez-vous Luçon ? Moi, non.

Je ne parle pas de Luchon (dans les Pyrénées) — on aurait pu le croire —, ni de Montluçon (dans l’Allier), ni même de suçon (dans le cou) — on aurait pu le croire. Non, c’est de Luçon que je parle et c’est en Vendée.

Je ne connais pas Luçon et je vais passer trois mois dans cette ville. C’est une résidence d’écriture et c’est la communauté de communes Sud Vendée Littoral qui m’accueille. Je suis très fier d’avoir été choisi et très excité à l’idée de partir là-bas. Et un peu impressionné, aussi, je dois bien le dire, car je serai alors l’écrivain : celui dont la présence dans cette ville est justifiée par ses seules activités littéraires. Ce n’est pas rien. Et intimidé, aussi : parce que la plus grande partie de mes interventions auprès du public auront lieu dans des écoles et des collèges : je vais rencontrer les élèves et les faire écrire. Les accompagner dans l’acte d’écriture. Carrément. Autant dire que je suis investi d’une drôle de mission. J’ai très envie d’y être.

Mon projet ressemble à ceci : puisque j’aime écrire sur les lieux — à partir des lieux —, j’aimerais voir dans quelle mesure on peut creuser ce même sillon avec les enfants et les adultes que je vais rencontrer. Ils connaissent leur lieu, eux, puisqu’ils y habitent. J’ai envie qu’ils m’en parlent, qu’ils le décrivent, que nous racontions des histoires ensemble à partir de ces lieux : un portrait du territoire, une exploration sensible, une cartographie par l’écriture — enfin, vous avez saisi l’idée.

Pour l’instant, je me promène sur les cartes de la région. Autour de Luçon, il y a des marais, des canaux. Des grands espaces et des petits villages. La mer. Je verrai tout cela en vrai, bientôt : à partir du mois de mars et au fil des douze semaines que je passerai à Luçon et dans les autres communes du coin.

Alors, à la fin, je connaîtrai Luçon.