Antonin Crenn

Tag: Le Héros et les autres

C’est le 24 chez Charybde : n’oubliez pas

Sur le blog de la librairie Charybde, on lit :

Un village du Lot (une note en fin de volume nous confirmera qu’il s’agit de Saint-Céré, reconnaissable à ses deux châteaux avoisinants, justement), de nos jours. Un adolescent s’y ennuie ferme, incapable de se reconnaître en ceux qui l’entourent, contraint de s’inventer de perpétuels parcours personnels et secrets, à partager le moment venu avec ceux que le désir, déjà, et l’appel des cœurs et des corps, désigne comme complices potentiels. De brève échappée nocturne en reconstruction mentale d’un imaginaire à part entière qui rendrait intéressant ce qui semble de prime abord si dénué de sens, de confidence espérée en invitation déguisée et chuchotée, Martin construit pas à pas, auprès d’un environnement de son âge, exclusivement masculin à ses yeux, et contre une cité minée par les préjugés et les petitesses qu’il n’est guère possible, alors, de dénoncer, un itinéraire d’éveil singulier, une quête d’intelligence et de sensualité qui saura trouver dans l’étonnante métaphore d’une statue de monument aux morts, et dans l’analyse diablement fine de la signification profonde du mot « héros » — et de son dévoiement si naturel —, un aboutissement en forme de chemin désormais libre d’être suivi, patiemment et intensément.

puis :

Antonin Crenn avait su déjà nous surprendre en 2017 avec sa Passerage des décombres, qui transformait un minuscule bout de chemin de fer désaffecté en un surpuissant levier à imaginaire. À nouveau chez Lunatique, il nous offre en ce mois d’octobre 2018, avec ce Le héros et les autres, une singulière échappée au beau milieu des tempêtes et des désirs sous un crâne adolescent d’apparence ô combien impassible, organisant à merveille un formidable décalage entre le rêve intérieur, l’aspiration forcenée et le quotidien banal qui leur sert de cadre apparent, là, où, foin des bocks et de la limonade, et foin de l’Espagne, ce sont des châteaux en Quercy qui tiennent lieu de catalyseurs des espoirs à se conquérir pour soi-même — et pour les autres, choisis.

Je suis très, très touché par ces mots d’Hugues, le libraire. Et je pense que, vous, en les lisant, ça vous donne vachement envie de lire mon livre — non ?

La librairie Charybde, c’est un endroit important pour les auteurs qui ne passent pas à la télé (comme moi) et pour les maisons d’édition indépendantes et fragiles (comme celles avec lesquelles je travaille), parce que les libraires de Charybde sont passionnés, encore plus que les autres libraires, et qu’ils ont cette particularité un peu folle : celle d’avoir lu tous les livres qui sont dans leurs rayons, et de ne vendre que les livres qu’ils aiment. (Je simplifie sûrement, mais en gros, c’est ça).

En mars 2017, il y avait eu cette soirée sur la nouvelle, j’avais été invité avec Pascale aux côtés d’autres auteurs (Corine Pourtau, Hervé Mestron, Perrine Le Querrec…) et éditeurs (Antidata, le Chemin de fer…), et j’avais causé du Passerage. Puis, en novembre 2017, c’était la soirée pour le recueil Petit Ailleurs, publié chez Antidata, dans lequel on trouve une nouvelle de moi. Quelques semaines plus tard, alors que je commençais à m’intéresser de très près à Publie.net (j’avais rencontré Julie, Philippe et Guillaume au salon de l’Autre livre — j’aurai sans doute l’occasion de dire une autre fois tout le bien que je pense de ce salon), j’étais chez Charybde, et Hugues me dit « Tu dois absolument connaître ce livre » : c’était Notre est lointain, chez Publie.net (quand, ensuite, Guillaume m’a dit « oui » pour l’Épaisseur du trait, il m’a conseillé de lire ce même livre, ce que j’avais déjà fait grâce à Hugues).

Tout ça pour vous dire que Charybde, ce n’est pas rien. Et qu’on y boira un coup ensemble le 24 octobre (au 129, rue de Charenton à Paris 12e), à la santé du Héros, et des autres, et à la vôtre, et à la mienne.

Du commerce

Il y a des gens qui me connaissent et qui pensent que je ne suis pas timide : c’est parce qu’ils me connaissent mal. Hier, je suis parti avec mon livre (Le Héros et les autres) dans mon sac, histoire de garder les mains libres pour prendre mon courage avec (à deux mains). Je n’aime pas ça du tout, parler de moi à un libraire (me vendre).

Combien de fois suis-je entré dans une librairie en pensant « Je vais leur parler de mon bouquin » et ressorti sans avoir rien dit ou, pire, après avoir acheté un livre ? Je ne le dirai pas.

Hier, j’ai été à la facilité (pourquoi se faire du mal ? c’est assez difficile comme ça) : j’ai été aux Mots à la bouche. L’an passé, mon Passerage des décombres était resté deux mois en vitrine (souvenir) et, depuis, il est toujours placé près de la caisse (je le savais, puisque je l’avais remarqué samedi soir, quand nous avons fait visiter la librairie à J. & J.). Alors j’ai dit, en montrant le Passerage : « Vous vous rappelez ? C’est moi qui ai fait ce livre » (« fait ce livre » ? c’est pas un peu nul, comme expression ?). Heureusement, le garçon qui était là (celui qui m’avait accueilli la première fois, quand j’avais présenté le Passerage) m’a dit que oui, il se rappelait. « Alors je viens vous présenter mon nouveau livre », j’ai dit.

« C’est mon premier roman, c’est une histoire d’adolescents, une sorte d’amitié amoureuse ». (Là, c’est le moment du pitch : un moment pénible parce que tout ce que je dirai me semblera ridicule, réducteur : si j’ai eu besoin de 68 pages pour raconter mon histoire, c’est précisément parce que je ne sais pas la raconter en une phrase. À un journaliste du Lot, à qui j’envoie ce même livre aujourd’hui, je dis : « C’est une histoire qui a pour décor Saint-Céré et ses environs » : suis-je vraiment en train de parler du même livre ?)

Il me demande s’il y a un thème gay dans mon livre. Je ne l’aurais pas dit comme ça ; pourtant, il est évident que oui, il y a quelque chose de gay là-dedans, sinon je ne serais même pas venu le présenter dans cette librairie (je ne leur avais pas montré Les Bandits). C’est bizarre, après coup, d’attribuer cette étiquette à un texte que j’ai écrit d’une manière tellement intuitive, tellement instinctive, sans savoir du tout ce que je voulais dire. Évidemment, il n’est question que de sentiments dans ce roman — de sensualité aussi, un peu — et c’est une histoire de garçons, car je parle de moi, de ce que je connais et de ce que j’aime. J’aurais aimé lire ce livre à quinze ans, sûrement.

Il me demande (il est très gentil) si cela veut dire que c’est un livre pour les adolescents. Je lui dis que non, pas forcément, mais que « ça peut ». « Je crois que c’est lisible par des jeunes, mais ce n’est pas forcément que pour eux que je l’ai écrit, ce n’est pas ma cible ». (J’ai dit « ma cible ? » horreur !) Je lui dis que j’ai un copain prof (et là, je parle de P.-E.) qui l’a lu (et aimé) et qui voudrait le faire lire (et aimer ?) à ses élèves, qui ont entre quinze et dix-huit ans.

J’explique que je serais content qu’il commande mon livre pour qu’il soit présent ici, disponible, et que je puisse dire aux copains de passer l’acheter dans cette librairie — c’est ce que j’avais fait avec Passerage. « C’est vrai qu’on l’avait bien vendu », il me dit, et il regarde dans l’ordinateur : « 22 exemplaires, c’est un bon score, la moyenne c’est plutôt 0,5 ! ». Il est très gentil, décidément, il fait ce qu’il faut pour me mettre à l’aise (il a dit score, comme pour parler d’un jeu, au lieu de dire seulement chiffre, à moi qui ne les aime pas, les chiffres).

Je crois que je ne me suis pas fait violence en vain : il y a des chances pour que vous le trouviez aux Mots à la bouche, mon Héros (c’est qui, le héros, dans l’histoire ?)

C’est un garçon

C’est un garçon ! Il s’appelle Martin, il mesure 0,17 m et pèse 0,11 kg. Ceux qui l’ont lu disent qu’il me ressemble (les yeux, peut-être).

Il paraîtra le 22 octobre grâce aux héroïques éditions Lunatique.

La chasse aux coquillettes

On relit cent fois les mêmes phrases et on trouve quand même des coquilles, comme le nez au milieu de la figure — ça fait partie du jeu. Là, c’est une page du Héros et les autres, à paraître chez Lunatique à l’automne.