Antonin Crenn

Tag: 12e arrondissement

Je me souviens (sans nostalgie)

Je suis heureux d’avoir été sollicité par Velimir Mladenović pour cet entretien dans Quinzaines — anciennement La Nouvelle Quinzaine littéraire —, parce que j’ai pu dire des choses qui me tenaient à cœur.

On ne trouve pas Quinzaines à Luçon, je l’ai donc acheté à Paris, à la maison de la presse de la rue Jacques-Hillairet. Je me souviens de cette maison de la presse pour l’avoir fréquentée il y a plus de vingt ans : je ne crois pas y être entré à nouveau, depuis. Une fois (j’avais huit ans environ), mon père m’a acheté, ici précisément, un album de BD : si je me rappelle bien (et je me rappelle très bien ce genre de trucs), il s’agissait du Cosmoschtroumpf. J’y ai repensé tout à l’heure, forcément.

Oups ! il paraît que j’ai dit, dans l’entretien : « Je n’ai aucune nostalgie de l’adolescence » : c’est même le titre de la page. Bon. Je ne me dédis pas. D’abord, j’avais huit ans dans ce souvenir : je n’étais donc pas encore adolescent. Ensuite, je me suis souvenu du Cosmoschtroumpf sans regret ni tristesse — sans nostalgie, je l’assure. C’est seulement une madeleine, une innocente madeleine. Une madeleine de Schtroumpf.

Ce qui fait foi

Dans cette enveloppe, il y avait une carte d’anniversaire écrite par mon père. Je le sais, puisque le tampon l’affirme : cette enveloppe a été postée rue de Reuilly (donc : par lui) le 9 janvier (donc : la veille de mon anniversaire). Le cachet de la poste « fait foi », comme chacun sait, mais ce cachet-là en particulier fait bien plus que ça : il m’émeut.

La gare de Lyon : une anthologie

Dans Les boulevards de ceinture, je tombe sur ce passage :

Patrick Modiano, Les boulevards de ceinture

Ceux qui me connaissent savent que j’ai un faible, moi aussi, pour la gare de Lyon. C’est comme ça, je n’y peux rien. J’avais pris en photo cette phrase-ci, dans Mes amis : elle était trop belle pour être vraie :

Emmanuel Bove, Mes amis

Je me demande si tous mes auteurs préférés ont cité la gare de Lyon. Une idée apparaît : une Anthologie de la gare de Lyon. Le projet d’une vie (mais pas de la mienne).

Tout de même, quelques pièces de cette anthologie, piochées ici et là :

Georges Perec, W ou le souvenir d’enfance
René Crevel, Mon corps et moi
Raymond Queneau, Le dimanche de la vie
Boris Vian, « Les filles d’avril », dans Le ratichon baigneur
Henri Calet, Le bouquet