Quelquefois, le soir

Quelquefois, le soir, nous sortons. Nous disons : faire un tour de petits vieux — pardon, de personnes-z-âgées, en prononçant la liaison. Ça consiste à marcher dehors tandis que la nuit tombe. Nous faisons le tour du pâté de maisons — ça a quel goût, le pâté de maisons ? C’est doux, les couleurs fondent vers le bleu. C’est le soir qui veut ça. Nous faisons le tour d’un, de deux, de beaucoup de pâtés de maison : quelquefois, nous allons jusqu’à la Nation, ou bien vers la Seine. Nous lavons nos yeux des trop d’heures passées sur l’écran : nous regardons loin. Quelquefois, J.-E. prend ma main dans la sienne, ou l’inverse, et ça revient au même.

Les lignes courbes, tes yeux, la valise

Dans le nouveau Cafard hérétique, je dis la grâce des lignes courbes : les ondulations discrètes de la rue de Charenton et l’arête franche de la mandibule. Les deux portraits peints sont de Saïd Mohamed.

Dans ce numéro, il y a aussi « Tes yeux, la valise ». C’est une nouvelle qui finit bien, puisqu’elle finit grâce à un train. Le portrait du garçon aux yeux louches est de Gilles Ascaso.