Liste : livres lus en février 2021

Donatien Alphonse François de Sade. La philosophie dans le boudoir.
Guillaume Bouzard. Jolly Jumper ne répond plus.
Julien Gracq. En lisant en écrivant.
Louis-René des Forêts. La chambre des enfants.
Mario Cyr. Couleur de l’âme.
Patrick Autréaux. Pussyboy.
Giosuè Calaciura. Borgo Vecchio.
Arnaud Cathrine. Romance.
Axel Sourisseau. Catafalques.
Philippe Aigrain. Sœur(s).

Liste : livres lus en décembre 2020

Mathieu Riboulet. Le regard de la source.
Patrick Autréaux. Les irréguliers.
Florentine Rey. Le bûcher sera doux.
Charlotte Monégier. Le petit peuple des nuages.
Alain Blottière. Azur noir.
Isabelle Flaten. Les deux mariages de Lenka.
Jean Vaudal. Un démon secret (relu).
Daniel Mendelsohn. Une odyssée.
Anne Savelli. Fenêtres, Open space.

Liste : livres lus en novembre 2020

Benoît Artige. Madeleine lit.
Patrick Autréaux. Le dedans des choses.
Jules Romains. Knock.
Séverine Chevalier. Les mauvaises.
Benoît Vincent. Farigoule Bastard.
Emil Ferris. Moi, ce que j’aime, c’est les monstres.
Antoine Choplin. Le héron de Guernica.
Rémi Giordano. Malamour.
Alain Blottière. Le tombeau de Tommy.
Jean-Marc Flahaut. Je n’aime pas les ateliers d’écriture.
Henri Calet. Jeunesses.

Il est question de plaisir, rien d’autre

Au début, l’idée n’était pas de s’embarquer dans un vrai projet d’édition. C’était juste un défi d’écriture. Et puis, surtout, l’envie de faire quelque chose avec Guillaume. Une histoire d’amitié, rien de plus. Et puis Alban est arrivé : un ami de Guillaume. L’amitié, encore. Ensuite, on a embarqué Laurent : on n’était pas vraiment amis, on se connaissait à peine, mais il y avait déjà des liens entre nos écritures : c’était une autre sorte d’amitié. La saison 1 des Histoires pédées a trouvé ses lecteurs, ses lectrices. Elle nous a fait plaisir et ce plaisir a été partagé. C’était notre seul désir.

Continuer la lecture « Il est question de plaisir, rien d’autre »

Liste : livres lus en août 2020

Michel Butor. L’emploi du temps.
René Frégni. Sous la ville rouge.
Taiyou Matsumoto. Sunny 2, 3, 4, 5 et 6.
Jean Forton. La cendre aux yeux.
Marcel Aymé. Le passe-muraille.
Patrick Autréaux. Dans la vallée des larmes.
Patrick Autréaux. Soigner.
Henry Miller. Le colosse de Maroussi.

C’est une comédie rocambolesque dans un paysage exotique

C’est un panorama : la tour Eiffel, la Sainte-Chapelle, l’église Notre-Dame-de-la-Croix. Trois pompiers regardent la colonne de fumée derrière les cités du Bas-Belleville. Ils sont en repos. En goguette, comme nous. Ils grignotent ou sirotent des trucs. Nous aussi, nous regardons l’incendie depuis le belvédère.
« C’est à côté du Père-Lachaise, dit J.-E.
— À côté de chez nous, alors. »

Il y a aussi deux types blonds, dont un qui me regarde (pas le plus beau des deux, tant pis). On descend dans le parc, on trouve un banc à l’ombre comme des petits vieux. Au-dessus, une fanfare joue des classiques archi-connus que je ne sais pas reconnaître. À notre gauche, un gars fait jouer sa sono à fond (un autre genre de musique). Entre les deux, moi qui lis Quand la parole attend la nuit et J.-E. qui me raconte son livre à lui. Et puis soudain, je ne sais pas pourquoi : ça tombe comme ça. La tristesse. Elle s’abat sans crier gare.

« Reprendre un café », dit-il. Je dis : « D’accord. » On descend encore, on cherche une terrasse. En fait, je ne cherche pas, je me laisse faire. Je dis : « Au soleil on sera bien. » Finalement, on choisit l’ombre, rue Saint-Maur, et on y est bien aussi. Et ce n’est pas un café, mais une bière. Je dis oui à tout. Et soudain (non, pas soudain : peu à peu, à tout petit peu) ça revient. Je ne sais pas quoi, mais « ça » revient. Il y a une guirlande de fanions au-dessus de nos têtes. Je raconte mon livre. On regarde les programmes du cinéma.

C’est un blockbuster des années 70. Chaque séquence a l’air de nous dire combien elle a coûté, comme le personnage de Catherine Deneuve qui, dans une mise en abyme, ne peut s’empêcher de demander le prix de chaque chose. Il y a des courses-poursuites. C’est une comédie rocambolesque dans un paysage exotique : c’est chouette, mais on se demande pourquoi ç’a été restauré comme on restaure les chefs-d’œuvre. Le « sauvage » qui donne son titre au film est un homme qui a fui sa vie. Il a disparu, sans laisser d’adresse. Forcément, ça m’intéresse. Il vit différemment, loin du monde, sur son île. Il croit que personne ne saura le retrouver. Il ignore qu’on l’a déjà retrouvé depuis longtemps. Que son île est surveillée, ses déplacements documentés. Les légumes qu’il vend au marché (croyant gagner sa vie en travaillant) sont achetés par la multinationale qu’il a fui (pour changer de vie). Le vrai sujet du film est là : d’un coup, à la moitié, le récit prend une épaisseur inattendue. Il plonge dans l’absurde, dans le fatal. La petite liberté qu’on croyait bucolique (« il faut cultiver notre jardin ») est une prison dorée, une farce sinistre, et le héros est humilié. On bascule dans une infinie tristesse. Or, le scénario n’ose pas s’aventurer dans cette voie ; il rebondit par une pirouette. Il choisit l’autre aventure, celle de la romance légère. Et quelques plans tournés à New York, pour montrer au spectateur qu’il reste du budget. Il repart avec le sourire. Moi, je suis déçu : je préférais la tristesse.

Liste : lectures d’avril 2020

Édouard Levé. Suicide.
Anne-Marie Garat. Photos de familles.
Claude Michel Cluny. Sous le signe de Mars.
Sergio Ferrero. Le rendez-vous (traduction de Danièle Valin).
Guillaume Dustan. Dans ma chambre.
Tove Jansson. Fair-Play (traduction d’Agneta Ségol).
Patrick Autréaux. Se survivre.
Bernard-Marie Koltès. Dans la solitude des champs de coton.
Jean Echenoz. Jérôme Lindon.
Patrick Autréaux. Le grand vivant.