Antonin Crenn

Tag: Lecture en cours

Liste : lectures de mai

Pier Vittorio Tondelli. Rimini.
Raymond Queneau. Les fleurs bleues.
Mario Rigoni Stern. Histoire de Tönle.
Cathie Barreau. Écoute s’il neige.
Didier Daeninckx. Cannibale.
Jacques Roubaud. Ode à la ligne 29 des autobus parisiens.

Liste : lectures d’avril

Louis Aragon. Les voyageurs de l’impériale.
Jean-Paul Engélibert. La lumière de Tchernobyl.
Raymond Penblanc. Les trois jours du chat.
Sandra Bechtel. J’ai du mal.
Pierre Herbart. Contre-ordre.
Didier Daeninckx. Meurtres pour mémoire.
André Dhôtel. David.

Il possédait quelque chose en commun avec un être

Chaque phrase de ce livre, je voudrais la reprendre à mon compte. Je voudrais l’avoir écrite. Contre-ordre : c’est exactement le livre que j’écrirais, si j’en étais capable. Que c’est beau ! Et quand j’aurai lu tous les livres de Pierre Herbart, je les relirai.

Liste : lectures de mars

François Garcia. Le remplacement.
Lukas Bärfuss. Koala.
Derek Munn. Foule solitaire.
Guillaume Marie. En pente douce.
Guillaume Marie. Stations de Nantes.

Habiter / résider

« J’habite à Luçon » : est-ce une expression synonyme de « je suis en résidence à Luçon » ? Disons que oui. Habiter / résider. Habiter dans cette maison à Luçon, y être chez moi, cela commence-t-il lorsque j’y ai lavé mes chaussettes (et d’autres choses) pour la première fois ? Je l’ai fait, ça y est. Quand j’ai fait cuire des spaghetti (en l’espèce, c’étaient des penne rigate) sur la plaque électrique ? Je l’ai fait aussi, plusieurs fois. Les cintres, dans l’armoire de la chambre, sont dépareillés : je le confirme, et je les ai presque tous utilisés. Je ne me suis pas permis de punaiser quoi que ce soit au mur, mais j’ai placé à la verticale, appuyé sur l’écran de la télé, le livre de Pierre Herbart que je n’ai pas encore lu : la couverture dessinée par Pierre Le-Tan fait office d’image décorative, qui meuble l’espace pour le faire devenir mien.

Je relis Espèces d’espaces pour me rassurer, en pensant à mes ateliers d’écriture qui débutent demain. Je fais un tour en ville. Habiter Luçon, y être chez soi, quand cela commence-t-il ? Lorsque je sais, en passant dans telle rue, que j’ai envie de tourner dans cette direction-ci aujourd’hui, alors que j’avais plutôt envie d’aller dans cette direction-là hier ? Lorsque je sais que, plutôt que de me perdre chez Hyper U (au secours), j’aime mieux faire mes courses à l’Intermarché, car c’est une occasion de passer devant cet abandonné sublime qu’est l’ancien séminaire, habité par des corneilles, dont la charpente mise à nu me fait penser à un squelette de baleine comme on les expose au muséum.

Liste : lectures de février

François Bon. Dans la ville invisible.
Laurent Herrou. Je suis un écrivain.
Jean Forton. Les sables mouvants.
Louis-René des Forêts. Le jeune homme qu’on surnommait Bengali.
Mathieu Riboulet. Quelqu’un s’approche.
Matthieu Hervé. Monkey’s Requiem.
Henri Calet. Le bouquet.
Elena Ferrante. L’amie prodigieuse.
Édouard Louis. Qui a tué mon père.
Pierre Herbart. La licorne.

La gare de Lyon : une anthologie

Dans Les boulevards de ceinture, je tombe sur ce passage :

Patrick Modiano, Les boulevards de ceinture

Ceux qui me connaissent savent que j’ai un faible, moi aussi, pour la gare de Lyon. C’est comme ça, je n’y peux rien. J’avais pris en photo cette phrase-ci, dans Mes amis : elle était trop belle pour être vraie :

Emmanuel Bove, Mes amis

Je me demande si tous mes auteurs préférés ont cité la gare de Lyon. Une idée apparaît : une Anthologie de la gare de Lyon. Le projet d’une vie (mais pas de la mienne).

Tout de même, quelques pièces de cette anthologie, piochées ici et là :

Georges Perec, W ou le souvenir d’enfance
René Crevel, Mon corps et moi
Raymond Queneau, Le dimanche de la vie
Boris Vian, « Les filles d’avril », dans Le ratichon baigneur
Henri Calet, Le bouquet
Hervé Guibert, Le mausolée des amants
Jacques Roubaud, Ode à la ligne 29 des autobus parisiens

Qu’une gare s’appelle ainsi Roma Termini

François Bon, Dans la ville invisible.

Village, personnage, etc.

Je me suis remis dans Les présents. Je voudrais l’écrire dans l’ordre, autant que possible, et je restais bloqué sur les prochaines pages à écrire (les suivantes, je les connais à peu près). Je me demandais à quel moment on arriverait au village et, surtout, si on commencerait par y aller véritablement ou, d’abord, par l’imagination. J’ai répondu à ces questions (un peu) ; en tout cas, j’ai écrit les premières évocations de ce village.

Je pense que je l’appellerai seulement le village. Je ne serai pas le seul à faire cela, c’est sûr. En fait, la localisation réelle de ce village n’a aucune importance, alors je ne voudrais pas que son nom focalise trop l’attention sur la commune réelle qui porte ce même nom. J’envisage, tout de même, de donner les noms des communes alentours (parce qu’il y en a des chouettes) et des lieux-dits qui composent le village (que je ne saurais pas inventer, c’est sûr). Je n’y ai jamais mis les pieds, dans ce patelin, mais sa configuration me plaît. Il y a des chances pour qu’on se promène, non pas dans le village, mais dans le plan que j’en ai dessiné : ça m’intéresse beaucoup plus ainsi. On verra bien l’allure que ça prend.

J’ai lu le livre que Nicolas m’a offert (Une jeune fille perdue dans le siècle à la recherche de son père). C’est magique quand, après avoir lu mon livre, quelqu’un me dit : « tu devrais lire ça ». Surtout quand ça marche. Par exemple, j’ai découvert Mon corps et moi grâce à Nikola et En joue ! grâce à la Viduité. L’atmosphère du livre que je viens de lire ressemble par certains aspects à L’épaisseur du trait, certes (le rapport à l’espace de la ville, et le voyage en train), mais surtout à des intuitions qui m’animent pour Les présents — et cela, personne ne peut le savoir, puisque je ne l’ai pas écrit. C’est là que c’est spécialement magique, comme cadeau. En fait, un truc me rassure à la lecture de ce livre : il adopte le ton d’une quête, voire d’une enquête, sans pourtant résoudre aucune des questions posées. Des rencontres ont lieu avec des personnages secondaires, sans aider véritablement les personnages principaux dans leurs recherches : ils sont là, c’est tout — ils participent d’un décor, d’une atmosphère, et donc d’une quête (mais d’une quête esthétique, narrative, pas de l’enquête qu’on prétend mener). Le personnage de l’homme est parfois le narrateur, et parfois non. Ça aussi, ça me plaît. J’ai supposé que l’auteur avait eu envie parfois de dire « je », mais qu’il avait aussi envie de l’appeler par son prénom — à quoi ça sert de se casser la tête à trouver un prénom au personnage, si on ne l’utilise jamais. Il se produit une chose un peu comparable avec le Samuel de Dans la ville invisible, qui choisit par moments de raconter lui-même son histoire à la troisième personne — je le commence tout juste.

J’ai fait tout seul, hier, le jeu (l’exercice ?) que je ferai faire aux élèves la semaine prochaine, à Rueil. Ça m’a semblé faisable, et marrant. J’espère que ça marchera — c’est-à-dire : que les élèves prendront du plaisir à écrire, quel que soit le résultat produit.

Liste : lectures de janvier

Patrick Modiano. Les boulevards de ceinture.
Mikhaïl Kouzmine. Les ailes.
René Crevel. Détours.
Tom Lanoye. Gaz.
Jean-Claude Leroy. Comédie du suicide.
Jérôme Lambert. Tous les garçons et les filles.
Claude Simon. Le cheval.
Julien Gracq. Autour des sept collines.
Philippe Soupault. En joue !
Andreas Steinhöfel. Le milieu du monde.
Gonçalo M. Tavares. Une jeune fille perdue dans le siècle à la recherche de son père.